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Le mot "barbecue" vient de l'amérindien
barbacao, qui, chez les Taïnos, était un
eclaie en bois pouvant servir indifféremment pour protéger
les épis de maïs mûrs des oiseaux, avec des
feuilles pour s'abriter du soleil, ou bien pour soutenir les viandes
à cuire sur un feu, comme un gril.
C'est en Haïti que le mot "boucanier"
fut inventé. Chez les Amérindiens, le boucan désignait
l'endroit où l'on cuisait la nourriture. Le mot a été
repris par les Européens en donnant toutefois un sens spécifique
au verbe "boucaner". On doit faire la différence
entre "boucaner de la viande" et "faire un boucan".
Le flibustier Exmelin décrit la procédure des boucaniers:
"Lorsqu'ils sont arrivés le soir de la chasse,
chacun écorche le sanglier qu'il a apporté, et en
ôte les os; il coupe la chair par aiguillettes longues d'une
brasse au plus. Quand cette viande est ainsi coupée, ils
la mettent sur des "taches" (écorce fibreuse
du palmier royal), ils la saupoudrent de sel battu fort menu;
ils la laissent comme cela jusqu'au lendemain, après quoi
ils la mettent au boucan. Ce boucan est une loge couverte de "taches"
qui la ferme tout autour. On y met la viande, et on fait force
fumée dessous; les boucaniers brûlent pour cela toutes
les peaux des sangliers qu'ils tuent, avec leurs ossements, afin
de faire une fumée plus épaisse. A la vérité,
cela vaut mieux que du bois seul; car le sel volatile qui est
contenu dans la peau et dans les os de ces animaux s'attache à
la viande, avec la-quelle elle a bien plus de sympathie que le
sel volatile du bois, qui monte avec la fumée."
Aussi cette viande a un goût si exquis qu'on peut la manger
en sortant du boucan, sans la faire cuire: "Mais le mal
est qu'elle ne dure que très peu en cet état; six
mois après avoir été boucanée, elle
n'a plus que le goût du sel".
Le père Labat décrit
un boucan de divertissement: "C'est une espèce
de gril de bois sur lequel le cochon tout entier se doit
cuire. C'est sur ce lit qu'on couche l'animal sur
le dos, le ventre ouvert écarté autant qu'il
est possible et retenu en cette situation par des bâtons
de peur qu'il ne se referme lorsqu'il vient à sentir
la chaleur du feu qu'on met dessous...on plumait le gibier...et
on le jetait dans le ventre du cochon qui servait de marmite... |
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Le nom de "boucan" perdure
encore en de nombreux liex-dits en Haïti, et dans les restaurants
on propose souvent du pousson ou du cabri boucané.
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