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Poète et journaliste haïtien, Jacques
Roche a payé de sa vie l'instabilité politique et
l'insécurité grandissante en Haïti. Jacques
Roche a payé de sa vie le chaos social, qui ronge le pays
depuis des siècles...
Et pourtant, Jacques Roche croyait en une justice et en la vie.
Après des études secondaire, c'est vers l'information
que l'homme se tourne. Alors débute pour lui une carrière
de journaliste/poète/diseur. En la vie, Jacques Roche y
croyait.Il croyait en la beauté de la nature humaine. Malgré
l'horreur qui l'entourait, il continuait à espérer
et à croire en une Haïti où les petits enfants
pourront vivre heureux, ne se souciant que de leurs éducations,
où les hommes et les femmes vivront en harmonie dans une
société juste. Il y croyait. Jacques Roche y croyait.
Et lorsque son métier de journaliste le lui permettait,
alors il prenait sa plume pour mettre sous forme de vers une Haïti
nouvelle.
Mais un matin du 10 juillet, Jacques Roche a croisé la
route de l'horreur. Enlevé à sa famille et à
sa patrie par une bande de kidnappeurs sans scrupules et sans
âmes. Son corps mutilé sera retrouvé sur la
route de Delmas le 14 juillet 2005.
Son agonie aura duré 72 heures. 72 heures durant lesquelles
les tortionnaires assoiffés de sang, mûés
par la haine, auront torturés l'homme, l'enfant du pays.
Et pendant que les bandits faisaient endurer les pires sévices
à Jacques Roche, un gouvernement incompétent se
dandinait dans des discours sans fin sur le kidnapping en Haïti.
Pendant que le président actuel d'Haïti se pavanait
devant les caméras, ou accordait des interviews aux journaux,
avec des discours commençant par : "Nous allons prendre
des mesures sévères....", Jacques Roche lui,
rendait l'âme ...
Devant l'absurdité, les enfants d'Haïti
sonnés par l'incompréhensible se posent tous une
seule et unique question: Mais que fait la police et la MINUSTAH?
Que font - ils pendant que des Jacques Roche sont sacrifiés
sur l'autel de l'horreur ? Que fait la communauté internationnale
pendant que les Jacques Roche sont torturés, violés,
massacrés ?
Haïti, une fois de plus pleure ses fils. Jacques Roche s'en
est allé, mais il demeurera à tous jamais dans notre
esprit.
Un poème de Jacques Roche:
| L'enfant
de la canne
Je suis un enfant de la canne
Un enfant de l'enfer
Je n'appartiens à aucune terre
Mes mains murmurent dans le vacarme.
Je suis un enfant de la canne
Un enfant de la frontière
Je n'appartiens à aucun pays
Mes mains hurlent dans le silence.
Je suis un enfant de la canne
Un enfant de la honte
Je n'appartiens à aucun peuple
Mes mains dénoncent dans le chaos.
Je suis un enfant de la canne
Un enfant du désespoir
Je n'appartiens à aucune nation
Mes mains espèrent dans l'oubli.
Je suis un enfant de la canne
Un enfant de la révolte
Je n'appartiens à aucune race
Mes mains pleurent dans l'histoire.
Je n'ai de cour que le champs
Je n'ai de récréation que le champs
Je n'ai d'horizon que le champs
Mes mains cherchent une patrie
Mes mains quêtent une enfance
Mes mains quémandent une urgence
Et mon regard erre sur l'île…
Jacques Roche
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Hommage à Jacques Roche
Ami, entends -tu?
Ami, Haïti hurle
Elle hurle de peine et de douleurs
Ami entends - tu?
Haïti a perdu un de ses enfants
Ami, entends -tu?
S es entrailles grondées de fureurs?
Ami, Haïti est aux abois
Elle a perdu un de ses enfants chéri
Ami entends -tu?
Elle crache sa souffrance
Haïti vomit le sang de ses enfants
Ami, tremble
Haïti réclame le jugement dernier. |
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