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Jacques stéphen
Alexis (1922-1961)
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Jacques-Stépen Alexis restera dans l'histoire
des lettres haïtiennes à plusieurs titres
: il fut l'un des tous premiers écrivains d'Haïti
à atteindre une renommée internationale
: ses livres, publiés chez Gallimard, sont encore
disponibles plus de trente ans après sa mort ;
son oeuvre présageait les nouvelles directions
qu'allait prendre le genre narratif haïtien; il est
l'un des rares écrivains du pays à avoir
produit des réflexions théoriques sur la
littérature; enfin, sa mort atroce aux mains de
la tyrannie a inscrit son nom au martyrologe des écrivains
qui sont tombés pour la dignité humaine.
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Né
en 1922, Jacques-Stéphen Alexis était le fils
de l'historien, journalise et diplomate Stéphen Alexis,
autour d'une biographie de Toussaint Louverture et du roman
Le nègre masqué.
Son père ayant été nommé ambassadeur
à Londres, Jacques-Stéphen va commencer ses
études à Paris, au Collège Stanislas;
il les poursuit au Collège Saint-Louis de Gonzague,
à Port-au-Prince, où sa famille était
rentrée en 1930. Il s'inscrit à la Faculté
de médecine, fait la connaissance de Jacques
Roumain en 1940, adhère au Parti Communiste
Haïtien, milite contre la dictature de Lescot dans
les organisations d'étudiants, est un des fondateurs
de la Ruche et joue un rôle important dans
la révolution de 1946. Pour éloigner cet encombrant
activiste, le gouvernement d'Estiné lui accorde,
comme à son ami René Depestre, une bourse
d'étude pour l'étranger. Alexis part faire
sa spécialisation en neurologie à Paris, où
il continue à militer dans les organisations de gauche,
et s'inscrit au Parti Communiste Français en 1949.
Il participe à des rencontres à Bucarest et
à Varsovie. A paris il fréquente Louis
Aragon, Léopold Sédar Senghor
et Aimé Césaire, ainsi que
des écrivains latino-américains, le Cubain
Nicolàs Guillén, le Chilien
Pablo Neruda, le Brésilien Jorge
Amado. |
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En 1995, Gallimard publie son premier roman, Compère
Général Soleil, bien reçu
par la critique tant en France qu'en Haïti. Il rentre
au pays, mais repart pour participer à Paris au
Premier Congrès des Ecrivains et Artistes Noirs.
Gallimard publiera son deuxième roman, les
Arbres musiciens en 1957 et, deux ans plus
tard, son troisième, l'espérance
d'un cillement.
Il continue pendant ce temps à militer et à
rédiger des textes politiques. Toujours en 1959
il se rend à Moscou, invité au XXXe Congrès
de l'Union des Ecrivains Soviétiques. Il rendre
par la Chine, où il est reçu par Mao Tsé-toung.
Dès son retour en Haïti, constatant que le
régime duvaliériste s'était transformé
en dictature totalitaire, il repart pour Moscou, puis
pour Pékin dans l'espoir de se procurer les moyens
de former un corps expéditionnaire afin de renverser
Duvalier. Son recueil de contes, Romancero
aux étoiles paraît, toujours
chez Gallimard, en 1960. En avril 1961 il est à
Cuba, d'où il s'embarque avec quatre camarades
pour débarquer sur la côte nord d'Haïti.
Dénoncés par les paysans, les cinq hommes
sont arrêtés presque immédiatement.
A partir de ce moment, on perd la trace de Jacques-Stéphen
Alexis. Il est à peu près sûr qu'il
a été transféré à Port-au-Prince,
pour y être sauvagement torturé.
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| D'après certain
témoignages, il aurait succombé sous
la torture; selon d'autres, il aurait été
passé par les armes à Fort Dimanche,
comme tant de victimes du duvaliérisme. Le
régime n'a jamais reconnu sa mort.
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Oeuvres principales:
Romans:
Les arbres musiciens. Paris: Gallimard, 1957, 1984;
Port-au-Prince: Les Editions Fardin, 1986.
Compère Général Soleil. Paris:
Gallimard, 1955.
L'espace d'un cillement. Paris: Gallimard, 1959, 1983.
Nouvelles:
Romancero aux étoiles; contes. Paris: Gallimard,
1960.
Articles sélectionnés:
"Contribution à la Table-Ronde sur le
folklore et le nationalisme". Optique (juin 1956):
25-34.
"La Culture haïtienne". Les lettres
françaises (27 septembre-3 octobre 1956).
"Du Réalisme merveilleux des Haïtiens".
Présence Africaine 8-9-10 (juin-novembre 1956):
245-271.
"La Belle Amour humaine 1957". Europe 49.501
(janvier 1971): 20-27.
"Modern Haïtian Thought". Books Abroad
30 (Spring 1956): 261-265.
"Où va le roman?" (Débat autour
des conditions d'un roman national chez les peuples
noirs). Présence Africaine 13 (avril-mai 1957):
81-101.
Préface La Montagne ensorcelée de Jacques
Roumain. Paris: Les Editeurs français réunis,
1972.
Préface à Jacques Roumain, Oeuvres Choisies.
S. Pojarski, éd. E.S.L., Editions du Progrès,
1964.
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