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La mambo dans le vaudou haïtien

Pour les vaudouisants, le problème de la libération de la femme, qui préoccupe tant l'occident ne se pose pasen haïti.. Plus qu'aucune autre la hounssi est libre et le temple vaudou tout entier contribue à rendre possible l'exercice de sa liberté. Certes, elle peut fonder un foyer (personne ne songerait à la cloîtrer), mais elle peut aussi, si elle le désire, être déchargée des contraintes qu'il comporte. En effet, le hounfor n'est pas seulement un lieu réservé au culte, il est aussi un toit pour ceux qui ne savent où aller dormir, un restaurant communautaire et une garderie d'enfants. Il est aussi un hôpital où les malades sont constamment surveillés et servis, un lieu de divertissement (des bals y ont lieu chaque samedi, on y prépare les grandes réjouissances populaires comme le Carnaval) et une Maison de Culture avec cours de chant, de danse, de coupe. Ainsi le temple, non seulement libère la femme, mais encore, la sortant de son isolement, lui permet de se réaliser pleinement.

La mambo:
Il n'existe aucune hiérarchie comparable à celle de l'Eglise romaine dans le vaudou haïtien. Celui-ci ne possède donc ni évêques, ni cardinaux, encore moins une autorité suprême douée d'infaillibilité. Chaque temple est rigoureusement indépendant et personne ne peut prétendre superviser ses activités. Cependant le vaudou n'a jamais connu aucun schisme et le rituel, à des nuances près, est partout le même. Une telle situation qui paraîtra peu croyable aux tenants des religions dites "révélées" (qui n'ont cessé de se morceler en sectes et en églises rivales) peut s'expliquer par le fait que nous avons affaire ici à une religion ésotérique où la filiation tient le rôle essentiel.
A la tête du hounfor "règne" indifféremment un homme, le hougan, ou une femme, la mabo (qui signifie littéralement, "roi") et les fidèles du temple sont ceux que l'un ou l'autre a personnellement initiés et qui sont devenus, de ce fait, ses "enfants". On acquiert le grade de mambo à la suite d'études qui peuvent durer plusieurs années et qui ont lieu sous la direction d'un (ou d'une) sage ayant accepté de transmettre l'Enseignement. Elles trouvent leur conclusion dans des épreuves initiatiques exigeant une résistance physique exceptionnelle et un réel courage.

On conçoit, dès lors, que seules celles qui sont mues par une véritable vocation (un "appel que Dieu fait à l'homme) peuvent persévérer dans cette "voie étroite". D'autant qu'il leur faudra encore trouver les moyens de construire leur propre temple et découvrir les néophytes qui souhaiteront recevoir l'initiation de leurs mains. A sa sortie de la cellule initiatique, la nouvelle mambo reçoit trois objets matérialisant ses pouvoirs : le "açon" qui prolonge son bras pour diriger les Mystères, le "paket' congo" qui l'aidera à conserver son équilibre psychique et à soigner les malades et un support de "voyance" qui peut être un simple jeu de cartes. Ainsi sont bien marquées les différentes fonctions qu'elle assumera désormais et qui sont inséparables puisqu'elles s'adressent aux différents "niveaux" de l'être humain: prêtresse, thérapeute et magicienne.

Voir également:
     
Les pratiques du vaudou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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