| Des
flibustiers, douze Frères de la Côte
en provenance de la Tortue, s'installèrent
en 1670 sur un site où avaient sans doute
déjà vécu des Espagnols. Ces
derniers reconnurent officiellement la main-mise
de la France sur la partie occidentale de Saint-Domingue
par le traité de Ryswick en
1697, date à laquelle on
procédau au premier tracé de la ville-
plan en échiquier qui privilégia la
baie, appelée alors Petite Anse, au détriment
de l'ancien emplacement du Bas-Cap, entièrement
détruit par les flammes trois ans auparavant.
Le Cap-Français, c'est alors son nom, s'affirma
rapidement comme la ville la plus prospère
et la plus importante de la colonie, en dépit
des nombreux incendies et séismes qui la
frappèrent. Cette ville et sa région
servirent de cadre à des évènements
majeurs de la guere d'indépendance : La
cérémonnie de Bois-Caïman,
arrivée de Santhonax, débarquement
de l'expédition Leclerc,
bataille décisive de Vertières.
Ajoutons que Toussaint Louverture
était esclave sur l'habitation Bréa
et que le futur roi Henry Christophe
travailla à la fondation d'une auberge au
Cap. Quelques années après il se fit
couronner dans cette ville et la rebaptisa Cap-Henry
mais lui préféra son palais
de Sans-Souci.
Le déclin relatif du Cap
peut s'expliquer par le choix que le nouvel état
haïtien fera en prenant Port-au-Prince
pour capitale ainsi que par le tremblement de la
terre de 1842 qui détruisit la quasi-totalité
de la ville et entraîna la mort des deux tiers
de ses habitants.
A la fin du XIXè siècle,
la ville semble s'être relevée : on
construisit un pont la reliant à la plaine
du Nord (pont Hyppolite, 1877 du nom d'un président
d'origine capoise), un wharf plus moderne, un marché
de fer et de fonte (marché de Clugny, 1897),
et l'on transforma les anciennes casernes en hôpital.
L'occupation américaine se traduisant
dans les campagnes par le rétablissement
de la corvée et l'implantation de grosses
entreprises agro-alimentaires, le Cap dut faire
face à un afflux massif de paysans qui vinrent
gonfler les quartiers populaires, tandis que la
bourgeoisie gagnait les zones du Bel-Air et du Haut-du-Cap.
Aujourd'hui, le Cap, qui compte
cent dix mille habitants, est la seconde ville du
pays et l'une des plus dynamiques, avec son port
très actif et son aérodrome qui assure
des liaisons directes et régulières
avec les Etats-Unis. A l'inverse d'autres provinciaux
qui attendent tout de la capitale, les Capois ont
appris a vivre loin de Port-au-Prince
et ne s'en portent pas plus mal.
Itinéraires
dans la ville de Cap-Haïtien :
Cap-Haïtien
est un ville à vocation touristique ; La
ville historique à toujours été
reconstruite suivant le même tracé
: On trouve aux coins des rues un étonnant
échantillonnage de plaques, dont certaines
remontent au XVIII ième siècle, la
plus belle étant la « rue du Renard
», conservée à l’angle
du mur de l’hôtel du roi Christophe.
La pratique de désigner les rues par des
lettres et des chiffres vient de l’occupation
américaine. La cathédrale, maintes
fois ruinée, puis restaurée en 1941-1942,
avec son grand dôme cuivré est un bon
point de repère.
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Les
plages du Cap – Haïtien :
La zone des plages de Cap-Haïtien,
à l’ouest de la ville, vers Labadie,
est accessible par une piste sinueuse et cahoteuse
de 6 km, qui longe en partie la mer point
de plage publique.
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L’urbanisme
colonial de Cap-Haïtien :
Cap-Haïtien fut la
première ville coloniale française
dotée d’un tracé moderne.
Ses rues à implantation orthogonale offraient
un passage aux vents alizés. De nombreuses
fontaines agrémentaient la cité, qui
ne présenta jamais l’aspect d’une
place forte. Après chaque incendie ou séisme,
elle fût toujours relevée selon le
même tracée. Le quai destiné
aux marchands ne fut installé qu’après
l’indépendance.
Les
fortifications :
A
l' époque coloniale, une quarantaine de forts
ou de batteries furent établis sur la côte
nord et l'on soigna particulièrement la défense
du Cap-Français. Les bâtiments de gros
tonnages ne pouvaient pénétrer dans
la bie qu'entre la pointe Picolet et les récits
de Grand-Mouton. En 1739, on édifia le fort
Picolet, composé de deux batteries
superposées, d'un chemin de ronde et d'une
muraille longeant la côte. L'expédition
Leclerc en vérifia l'efficacité à
ses dépends, le fort était alors commandé
par le général Henry Christophe. Une
partie du mur d'enceinte fut détruite lors
de l'explosion de la poudrière (16 pluviose,
an X). Les bateaux de moyens tonnages se trouvaient
placés sous le feu du fort Saint-Joseph (1748)
et de la batterie Gris-Gris où l'on peut
encore voir quelques mortiers du XVIIIe siècle.
Le général Magny y fut enterré
et le fort porte son nom.A proximité, vous
trouverez la demeure de Pauline Bonaparte, des grottes,
des objets de culte vaudou et un phare datant de
1803.
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