A la suite des violences de l'état de
siège de janvier 1990, le général
Avril est contraint de quitter le pouvoir en mars.
Le 13 mars, Mme E. Pascale Trouillot, juge à
la Cour de cassation, est portée à
la présidence sous les auspices des Forces
armées d'Haïti, des partis d'opposition
et des grandes puissances. Malgré sa querelle
avec le conseil d'Etat, elle conduit le pays aux
élections. Enfin le père Jean-Bertrand
Aristide est élu le 16 décembre
avec une écrasante majorité (67%).
C'est la deuxième fois dans l'histoire
du pays qu'on assiste à une élection
réellement démocratique. Elle a
été organisée et contrôlée
par les Nations Unies.
Aristide, père salésien exclu de
son ordre le 6 novembre 1988, s'est présenté
à ses électeurs comme "la
voix des sans voix". Sa victoire est
accueillie par une explosion de joie parmi les
nombreux exclus que compte la population haïtienne.
Jean-Bertrand Aristide est donc choisi comme leader
de l'opposition et élu président
en 1990. Au sein de sa famille politique, les
Lavalas, il apparaît en messie aux yeux
des plus pauvres et de certaines classes aisées,
menacées dans leurs privilèges qu'il
réconcilie la nation avec elle même.
Les options de ses premières réformes
administratives mettant en cause la bourgeoisie,
les classes moyennes et l'armée lui valent
de perdre la confiance de celles-ci et d'être
emporté par un coup d'Etat sanglant le
29 septembre 1991.
Chronologie de la première chute d'Aristide
:
Le 7 janvier 1991, coup d'Etat manqué du
leader macoute Roger Lafontant; 7 février,
investiture du père Aristide, président
élu, 30 septembre, coup d'Etat fomenté
avec le général Cédras qui
envoie en exil le président Aristide.
Après le départ en exil d'aristide,
suit une période aussi agitée que
celle qui a précédé l'année
1990. La popularité du Prête président
et son renversement en 1991, au moment où
les Etats américains venaient de signer
un traité réprouvant les coups d'Etat
militaires, vont jouer un rôle important
dans son projet de retour au pouvoir. En attendant,
un embargo sévère est décidé
par la communauté internationale afin de
contrecarrer le coup de force du général
Cédras. Le pays, qui s'est trouvé
coupé du monde pendant quatre années,
souffre encore des conséquences de cet
embargo. En 1994, grâce à l'aide
de l'ONU et en particulier de l'armée américaine,
l'ordre constitutionnel est rétabli. Selon
les conditions arrêtées, Aristide
achève son mandat de cinq ans. En 1995
le Lavalassien René Garcia Préval
est élu président et, en 2000, Aristide
par la voie des urnes, recouvre la présidence.
Mais lassés et trahis par le gouvernement
d'Aristide, le peuple se soulève et demande
sa démission. Et du 27 au 29 février
2004, Jean-Bertrand Aristide sera précipité
à nouveau vers le chemin de l'exil.