| Les
Espagnols utilisant tour à tour la force et la traîtrise
asservissent les Amérindiens ou aborigènes
d'Haïti. Ils assassinent ou déportent leurs
chefs, tels Caonabo, Anacaona et Cortubamana. La population
amérindienne est vite décimée par les
travaux très durs que leur imposent les Espagnols
et par les maladies qu'ils ont amenées d'Europe.
Pour remplacer la main-d'oeuvre amérindienne, on
importa à Partir de 1503 des esclaves noirs d'Afrique.
L'année 1625 voit l'installation des "Frères
de la Côte" (boucaniers et flibustiers) à
lîle de la Tortue et sur la côte nord, la partie
occidentale d'Hispaniola ayant été abandonnée
par les Espagnols. |
| Ces premiers
colons, essentiellement d'origine française, étaient
des aventuriers qui pillaient les navires en haute mer.
Le commerce d'échanges entre boucaniers et flibustiers
s'appelaient "matelotage". L'activité des
boucaniers consitait à chasser les boeufs et les
porcs abandonnés par les Espagnols. Pour conserver
la viande et la vendre aux flibustiers pour leurs courses,
les boucaniers utilisaient le boucan sorte de gril
primitif. Comme les espagnols, les boucaniers avaient à
leur service des esclaves amérindiens et noirs. Ils
embauchaient aussi des blancs, appelés "engagés",
qui, volontairement, se faisaient esclaves pour 36 mois.
Ce temps écoulé, ils redevenaient libres.
Boucaniers et flibustiers s'installent sur l'île de
la Tortue, où l'on pratique la culture du tabac,
en même temps que des aventuriers anglais. En 1664,
Bertrand d'Ogeron est nommé gouverneur de l'îile
de la Tortue.
En 1685 est promulgué le Code Noir régissant
la police des esclaves. Il prévoit que les affranchis
ont les mêmes droits que les Blancs. Ce code est un
édit publié par le roi de France, qui ne reconnaît
que deux classes d'hommes: les libres et les esclaves.
En 1697, on assiste à la signature du traité
de Ryswick, par lequel l'Espagne cède à la
France le tiers occidental de l'île qui devient la
partie française de Saint-Domingue. Ce traité
met fin à la guerre que se livraient la France, l'Angleterre
et l'Espagne. En effet, la France était alors en
guerre avec la moitié de l'Europe, et les flibustiers
lui rendaient de fiers services en ravageant les colonies
espagnoles, anglaises ou hollandaises d'Amérique.
La rivalité officielle entre Français et Espagnols
prit fin avec la signature du traité. Cette époque
voit le développement des plantations (indigo, coton,
canne à sucre). En 1749, la ville de Port-au-Prince
est fondée. Entre 1751 et 1758 naît la révolte
du nègre marron Mackandal. C'était un esclave
manchot qui, disait-on lisait et écrivait l'arabe.
Avec plusieurs esclaves, il fonda une société
secrète. Chaque membre de la société
jurait de lui obéir aveuglément. Le poison
était l'arme la plus communément employée
pour supprimer les blancs. Mackandal fut capturé
et brûlé vif. Mais les esclaves crurent qu'il
s'était évadé et continèrent
la lutte.
L'année 1777 voit la participation de la participation
de la légion de couleur de Saint-Domingue, un corps
de 1 500 affranchis, à la guerre d'Indépendance
américaine. Le comte d'Estaing, ancien gouverneur
de Saint-Domingue, vint recruter dans l'île de ce
corps expéditionnaire, plusieurs d'entre eux périrent
à Savannah, où ils se comportèrent
vaillamment. Parmi les affranchis qui l'accompagnaient,
on relevait les noms de Rigaud, Bauvais, Chavannes et Christophe,
qui se distinguèrent lors de cette bataille.
Nombreux étaient les affranchis qui étudiaient
en France. En 1788, ils créent la Société
des Amis des Noirs, à Paris, pour laquelle ils recherchaient
des bommes capables de défendre leurs idées
devant l'Assemblée nationale de France.
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Pour en savoir plus:
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Présentation
de l'éditeur
En s'appuyant "sur des cartes et des gravures
d'époque, ce livre retrace la période
coloniale de l'île de Saint-Domingue qui devait
devenir plus tard Haïti. Y sont décrits
de façon vivante, grâce à une abondante
iconographie, la vie des premiers habitants de l'île,
la traite négrière, l'esclavage, les habitations
sucrières, la vie sociale dominguoise et les
différentes luttes qui ont abouti à son
indépendance. Cet ouvrage souhaite célébrer
le deuxième centenaire de la première
République noire et ainsi faire connaître
cette histoire unique au monde où des esclaves
révoltés conquirent leur indépendance
armes à la main.
Biographie de l'auteur
ELIE LESCOT Jr. est né à Port-au-Prince
(Haïti). Après avoir obtenu son diplôme
de chimiste (1954) à Paris puis son doctorat
(1958), il fit ses premiers pas dans la vie active à
l'Institut d'Hygiène du Maroc à Rabat.
De retour en France, il intégra l'Institut National
de la Santé et de la Recherche Médicale
(INSERM) en tant que Chargé de recherche. Ensuite
c'est à l'UNESCO qu'il entama une carrière
de fonctionnaire... Lire
la suite...
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