| Pétion
et Gérin commandent une armée révolutionnaire
forte de six régiments. Gérin dresse une embuscade
devant le pont Rouge. Le 17 octobre 1806, Dessalines sort
de l'Arcahaie à 5 h avec une escorte d'une vingtaine
d'hommes. En s'approchant de pont Rouge, il croit reconnaître
les troupes qu'il a envoyées l'attendre à
l'entrée de Port-au-Prince et pénètre
sans méfiance au milieu de cette embuscade. Gérin
ordonne de l'encercler. Il tente de s'enfuir mais le jeune
soldat Garat blesse le cheval de l'Empereur, qui est ensuite
criblé de balles.
Le 17 février 1807, Christophe rentre
au Cap et organise, selon ses idées politiques, l'Etat
d'Haïti dans le Nord, comprenant le Nord, le Nord-Ouest
et l'Artibonite. Le 9 mars 1807, Pétion est élu
président de la République. Dès le
lendemain, il prête serment de "maintenir
de tout son pouvoir la Constitution". En 1810,
le général Rigaud revient en Haïti. Il
est chargé par Pétion de commander le département
du Sud, mais il méconnaît l'autorité
de son chef et déclare le Sud indépendant.
Il meurt l'année suivante, ce qui met fin à
la division de la République.
En 1811, quand Pétion est réélu président
de Port-au-Prince, Christophe, perdant l'espoir de gouverner
toute l'île, se fait proclamer roi d'Haïti, le
26 mars, sous le nom d'Henri 1 er. En 1815, Pétion
apporte son aide à Bolivar. Aux cayes, Bolivar reçoit
en abondance des armes et des munitions. Il enrôle
des Haïtiens qui se devouent à sa cause pour
la liberté. Reconnaissant, Bolivar appelle Pétion
"l'auteur de la liberté de l'Amérique
du Sud." Pétion ne réclame qu'une
chose: la libération des esclaves dans les pays libérés
par Bolivar.
Le 29 mars 1818, Pétion, atteint de la fièvre
typhoïde, meur après sept jours de maladie.
Boyer lui succède et il est élu président
d'Haïti par le Sénat. Le 8 octobre 1820, Henri
1er malade à Sans-Souci, trahis par tous, même
par sa Garde, se tue d'une balle dans le coeur. Il est enterré
secrètement à la citadelle. Le 26 octobre,
on assiste à la réunification du Nord et du
Sud, avec l'entrée de Boyer au Cap. Il a mobilisé
toute son armée pour répondre à l'appel
des révoltés de Saint-Marc. Une marche rapide
par Saint-Marc, Gonaïves et Plaisance le conduit au
Cap, où il entre aux cris de "vive Boyer
! Vive le président d'Haïti". La scission
du Nord et de l'Ouest prend fin.
Avec une rapidité remarquable, l'armée haïtienne,
forte de 20 000 hommes, se porte sur la frontière
dominicaine qu'elle franchit en deux points: Ouanaminthe
et Las Cahobas. La colonne du Nord, commandée par
le général Bonnet, et celle de l'Ouest par
Boyer en peronne rentrant à Santo-Domingo le 9 février
1822 et réalisent une unité de l'île.
Pendant 21 ans, de 1882 à 1843, toute l'île
d'Haïti, restera soumise à l'autorité
de Boyer. Le roi de France, Charles X, reconnaït, le
17 avril 1825, l'indépendance d'Haïti à
la condition que le gouvernement paie en cinq années
une indemnité de 150 millions de francs. L'indemnité
fut réduite plus tard à 60 millions. L'année
1838 verra la reconnaissance définitive de l'indépendance
par la France.
la révolution de 1843 voit l'abolition
de Boyer, qui partira en exil à Paris. Il mourra
presque dans la misère le 9 juillet, à l'age
de 75 ans. Des gouvernements militaires éphémères
lui succèdent (Rivière Herard, Philippe Guerrier,
Pierrot et Riché). Ce dernier était l'ennemi
juré des sectes et croyances superstitieuses. Il
poursuivit avec vigueur ceux qui pratiquaient les cérémonies
et danses vaudoues.
Le 1er mars 1847, Faustin Soulouque est élu président
par le Sénat réuni pour donner un successeur
à Riché. Le 25 août 1849, il est proclamé
Empereur sous le nom de Faustin 1er. Décembre 1858
voit la fin de l'Empire. Le général Geffrard,
homme de confiance de Faustin 1er, sentant que l'Empereur
commence à se méfier de lui, s'embarque de
nuit pour les Gonaïves afin de proclamer la République.
Faustin 1er n'opposa pas de résistance et les révolutionnaires
occupèrent rapidement la capitale. L'Empereur du
s'exiler d'Haïti le 15 janvier 1859.
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