|
Ile de navase à 60 km au large du cap
des Irois, sur la pointe ouest de l'île
d'ispagniola et à 40 km au sud-ouest
de jérémie. Cette ïle de
5,2 km carré est revendiquée à
la fois par Cuba, les Etas-Unis et Haïti,
et l'était même autrefois par la
Grande-Bretagne. La question de sa souveraineté
a surgi en 1958 et 1998. Après que le
capitaine Peter Ducan eut découvert en
1856 que les déjections d'oiseaux au-dessus
de l'île constituaient un engrais de grande
qualité ( ce mélange de nitrate
et de phosphate constitua aussi de 1865 à
1898 une poudre utilisée dans l'armemnet),
il demanda que l'île soit placée
sous tutelle étasunienne. Le Congrès
a déclaré en 1856 en vertu du
Guano Act que toute île inhabitée
contenant du guano (déjections d'oiseaux)
était placé sous leur souveraineté.
Ce qui est faux, puisque toutes les constitutions
haïtiennes, depuis 1801, mentionnent les
îles adjacentes comme parties intégrantes
du territoire national. Selon la constitution
haïtienne, un territoire haïtienne,
est réputé l'être, même
s'il est inhabité. La constitution de
1874 est plus précise sur ce point, car
le second paragraphe de l'article 2 mentionne
nommément la Navase. Pour en revenir
à la querelle de 1858, elle commença
par une communication en date du 10 mars des
consuls anglais et français précisant
que des citoyens américains on mis pied
sur la Navase, l'ont déclarée
territoire américain et y ont planté
leur drapeau.
|
|
|
A
la même époque, des citoyens britanniques
arguant qu'elle se trouvait entre les côtes
haïtiennes et jamaïquaines se demandaient
à qui elle appartenait. Les Britanniques
répondirent clairement qu'elle était
possession haïtienne. L'empereur Faustin Soulouque
répondit énergiquement à la
menace Etasunienne en envoyant en avril 1858 deux
vaisseaux de guerre avec instruction d'expluser
les colonisateurs par la force. Ceux-ci informèrent
les exploitants de la mine Navase Phosphate co.
des objections haïtiennes à la revendication
des autorités étasuniennes. Son intervention
n'eut pas de suites, car il fut renversé
par Geffrard.
En 1917, les Etasuniens y installèrent des
Gardes côtes. En 1989, le gouvernement militaire
haïtien dépêcha sur place une
équipe de radioamateurs avec un hélicoptère
de l'armée. ceux-ci plantèrent le
drapeau haïtien dans le sol et une inscription
mentionnant la souveraineté haïtienne.
Pendant quelques heures, ils émirent des
messages radio depuis "Radio Navase Libre".
Le 8 septembre, un groupe de défense de l'île
de Navase écrit aux autorités étasunienne.
Le système GPS ne rendit plus obligatoire
la présence des gards côtes étasuniens,
et le 16 janvier 1997 ceux-ci remirent le territoire
entre les mains du département étasunien
de l'Intérieur.
Le conflit ressurgi avec force en 1998 et il reste
un point de contentieux entre Haïti et les
Etas-Unis. L'arrogance de l'ambassadeur Timothy
Camey n'arrangea pas les choses lorsqu'il déclara
qu'une loi de 1857 en faisait un territoire sous
la souveraineté des Etats-Unis car elle était
inhabitée et riche en angrais. Malgré
le fait que sa position géographique et le
droit constitutionel en font indubitablement un
territoire haïtien, il est regrettable que
les cartes haïtiennes n'en fassent pas mention.
L'enjeu n'est plus maintenant l'engrais, qui n'est
plus exploité, mais l'incroyable diversité
de ses richesses biologiques. La Navase recèle
en effet des fonds marins exceptionnels avec des
variétés de poissons, scorpions et
araignées inconnues ailleurs. Les scientifiques
des expéditions américaines "Quest"
en 1998 et 1999 ont publié les résultats
suivants :
-Découverte
de 90 espèces de d'araignées dont
25 inconnues des scientifiques auparavant
-Identification de 227 espèces de poissons
dont cinq nouveaux spéciments
-On y trouva également des espèces
de végétaux propres à l'île
(comme le palmier Pseudopheonix sargetti saonae)
ainsi que deux espèces endémiques
de lézards (Cyclura nigerrima et
Leicocephlus erimitus) que l'on pensait
disparues.
On peut faire le tout de lîle en bateau. Les
amateurs d'excusions accosteront à Lulu Bay
pour visiter les ruines de la mine et rejoindre
l'intérieur à Lighthouse, où
résidaient les garde-côtes. Vous rejoindrez
ensuite la côte nord. Vous redescendrez ensuite
de la falaise pour rejoindre South Point et l'entrée
de la grotte Don. Les amateurs de plongée
ne seront pas déçus et profiteront
des eaux claires des Caraïbes. La plongée
commence sur la côte nord et vous ferez le
tour de l'île, en sens inverse des aiguilles
d'une montre, jusqu'à South Point.
Le
fort Marfranc est situé à 25 min de
Jérémie. On y accède depuis
la cour de l'école normale primaire de Marfranc.
Il ne recèle plus qu'un canon et quelques
pierres.
|
|
Retour
à la géographie d'Haiti
|
|