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Le cinéma haïtiens


Le 14 décembre 1999 a marqué la commémoration des 100 ans du cinéma en Haïti. Cette idée avait germé en 1995, l'année du centenaire de l'invention du cinéma avec le passage du cinéma muet au cinéma parlant. Différentes associations de cinéphiles de la capitale et des villes de province savent l'intérêt attribué par les historiques à la date du 14 décembre 1899.

C'est au Petit Séminaire du Collège Saint-Martial qu'a eu lieu le 14 décembre 1899 la première projection cinématographique en Haïti, quatre ans après la naissance du cinéma. Par la suite, l'idée de créer des salles de cinéma à Port-au-Prince a marché au point que les fins de semaine de cinéma étaient nées dans la capitale.

Port-au-Prince a connu à sa manière la traversée du siècle cinématographique. Tous les films classiques n'ont pas été projetés sur nos écrans en raison, entre autres, des choix des réseaux de distribution largement dépendant du marché américain.

Au cour des années 1950-1960 aparaissent les premiers acteurs du "cinéma haïtiens". Ils jouent dans des films réalisés par des cinéastes étrangers ou haïtiens. Il a fallu attendre Jean Dominique, Raphaël Stines, Rassoul Labuchin, Bob Lemoine, Mireille Métellus, Fayole Jean, Martha Jean-Claude, Arnold Antoine et hier encore Raoul Peck, pour constater l'érection d'une production cinématographique haïtienne, plus ou moins représentative à l'étranger.

Fêter 100 ans de cinéma en Haïti a permis la visite du patrimoine Haïtien filmé et forcé les instances culturelles à réexaminer cette mémoire faite de drive-in, de salles devenues célèbres (Rex), d'autres désaffectées (Triomphe, Magic Ciné, Sénégal Ciné, Cabanon, Airport).

Les films haïtiens constituent des miroirs, des témoignages, des chapitres de notre vie quotidienne. Exposée sur pellicule, nore réalité historique et familliale a secoué cannes avec l'homme sur le quai. Le film Anita de Rassoul Labuchin, courroné de plusieurs prix, traduit l'envie d'arriver un jour à un cinéma haïtien pour enfants.
Labuchin garde dans ses tiroirs de nombreux scénarios de films pour enfants qui méritent d'être montrés. Et en 1999, l'année du centenaire du cinéma en Haïti, a interpellé des cinéphiles qui souhaitent la projection de films des cinéastes haïtiens de la diaspora. A New-York, a Montréal, existe un cinéma haïtien. Le cinéma haïtien connaît une date charnière. 1974. La revue franco-haïtienne Conjonction (été 1983) écrit "1974, l'année où l'Institut Cubain de l'Art et de l'industrie Cinématographique produit le fim Simparele, réaisé par Humberto Solas, avec Martha Jean-Claude comme principale interprète".

La même année, deux autres films furent réalisés en Haïti, Haïti perle des Antilles, réalisé par un prête belge, Omer d'Hoe. Ce documentaire montre le contraste entre la misère du peuple et la richesse des nantis. L'institut Dominicain de Ciné et Télévision réalise un film sur la situation des travailleurs haïtiens en République dominicaine : Via Crucis.

Au cours de l'année 1974, Maurice Faillevic de l'O.R.T.F réalise le film Gouverneurs de la rosée avec, comme principaux interprètes, Manuel, Jessie Alphonse, Sylvie Auguste, Bien-Aimée, Langichatte... Le cinéma haïtien et mondial a été célénbré en Haïti à l'occasion du 14 décembre 1999, soit 100 ans après la première projection cinématographique en Haïti.

Concernant les films réalisés à l'extérieur du pays, citons "les comédiens" de peter Glenville d'après le roman de Graham Greene. Ce film réalisé en 1967 raconte la vie sous la dictature Duvaliériste, avec, dans les rôles principaux, Elizabeth Taylor, Alec Guinness et Peter Ustinov. Il n'a pas été tourné autour de l'Oloffson, qui a inspiré Graham Greene, mais à Cotonou au Bénin. A cette occasion, le gouvernement haïtien intenta un procès aux producteurs du film.

Dans le cinéma haïtien, seul émerge Raoul Peck qui, sur le thème des méfaits des tontons macoutes dans le Haïti des années 1960, nous a offerts l'homme sur les quais, présenté en sélection officielle à Cannes en 1993. On y retrouve Toto Bissainthe, du même réalisateur, Haïtien Corner a également été salué par la critique intrnationale. Il vient d'achever un film retraçant la carrière de Lumumba.
Autre cinaste haïtien, connu localement Jean Gardy, qui dépeint la bourgeoisie haïtienne. Son dernier film, sorti en novembre 1999, Le père de mon fils, traite de l'avortement en dépeignant la lâcheté et la violence des hommes.

 

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