|
Anténor Firmin
(1850-1911°)
|
|
| |
| |
|
Anténor
Firmin est né en 1850. Issu d'une famille pauvre,
il réussit néanmoins à faire d'excellentes
études, entra dans l'enseignement et, après
s'être inscrit au barreau, se lança dans la
politique et milita toute sa vie pour le parti Libéral.
Pour réfuter les théories racistes d'Artur
Gobineau, Firmin, membre de la Société d'anthropologie
de Paris, y publia en 1885 un gros ouvrage intitulé
De l'égalité des races humaines. Le livre
fit connaître son auteur dans les milieux intellectuels
français et, dans sa patrie, lui assura une immense
célébrité. Le président Florvil
Hyppolite le nomma ministre du Commerce, puis des
Affaires étrangères. Sa compétence
et son honnêteté ayant gêné, on
le força bientôt à démissionner.
Avant de démissionner également du ministère
des Affaires étrangères en 1891, il réussit
à empêcher l'acquisition par les Etats-Unis
du Môle
Saint-Nicolas, baie stratégiquemen située
sur la côte nord, que convoitait la marine américaine
pour y construire une base navale. Devant les tergiversations
haïtiennes, la Navy finira par renoncer, et aller s'installer
à Guantanamo, dans l'île voisine de Cuba. |
| |
Avoir
défendu victorieusement l'intégrité
territoriale de la République rendit Firmin immensément
populaire. Le président Tirésias Simon Sam
le rappela aux Finances cinq ans plus tard, mais Firmin,
qui était d'un naturel orgueilleux, se mit le Sénat
à dos; il fut à nouveau forcé de démissionner,
et s'embarqua pour la France. Sam renversé en 1902,
Firmin rentra au pays, déclara sa condidature à
la présidence et se lança dans la campagne
électorale. Son principal allié était
le vieux général Nord Alexis
qui, alléché lui-même par le pouvoir
présidentiel, se retourna contre lui et l'obligea
à fuir la capitale. Firmin tenta de renverser Alexis
par les armes avec ses partisans de la province, mais fut
battu sur le terrain et dut se réfugier dans l'île
danoise de Saint-Thomas. Ses camarades d'exil projetèrent
d'envahir Haïti sous le commandement pour chasser Alexis
de la présidence. Bien que les autorités des
Etats-Unis aient confisqué les armes que les Firministes
y avaient achetées en privision de l'invasion, ils
persistèrent, débarquèrent et furent
rapidement décimés. Anténor Firmin
eut la vie sauve in extremis grâce à l'intervention
énergique de l'ambassadeur de France. Il regagna
Saint-Thomas, mais ce fut la fin de sa vie politique. Effrayés
par sa popularité, les gouvernements successifs de
son pays le maintinrent à l'écart dans les
législations de Londres, puis de Paris. Firmin mourut
à Saint-Thomas en 1911, dans l'amertume et la désillusion.
|
| |
|
L'idéologie de Firmin est
celle de la plupart des Haïtiens de bonne volonté.
Les principes qu'il partage avec les autres défenseurs
d'haïtianité, sont inattaquables ; renvoyer
les militaires à leurs casernes et confier
le gouvernement à des civils compétents;
procéder à des élections (auxquelles
il était toutefois sous-entendu que seuls
les "gens de bien" participeraient, les
pauvres paysans étant pour l'heure bien trop
ignorants et sous-développés pour
aller aux urnes); encourager l'esprit civique; imposer
l'honnêté dans toutes les branches
de l'administration; encourager l'industrie et le
commerce; entreprendre de grands travaux d'infrastructure;
éduquer les masses en construisant des écoles
primaires...Il n'y a pas lieu de douter de la sincérité
de Firmin, mais force est de constater que ce sont
là les mêmes voeux pieux que les politiciens
haïtiens proclament et ont toujours proclamés,
sans prendre en ligne de compte la façon
pratique de mener à bien cet admirable clamés,
sans prendre en ligne de compte la façon
pratique de mener à bien cet admirable programme.
|
|
|
| |
|
|
|
Jean
Price-Mars déplore, et précisément
dans le livre qu'il a consacré à Firmin,
"Cette propension presque pathologique
qui nous pousse au verbalisme creux et sonore dont
nous gargarisons comme si les mots que nous jetons
aux quatre vents étaient devenus l'accomplissement
d'actes authentiques dont nous devions nous louer
"(Anténor Firmin par lui même,
p.32)
Les idéologies de la génération
suivante, et tout particulièrement Dantès
Bellegarde et son adversaire Jean Price-Mars (voir
p.000) se réclameron des "chercheurs
et défenseurs d'Haïtianité"
dont les idées généreuses attendent
toujours un début d'application.
|
| |
|
Bibliographie:
De l'égalité des races humaines (anthropologie
positive). Paris: F. Pichon, 1885; Paris: L'Harmattan, 2003;
Montréal: Mémoire d'encrier, 2005.
Haïti au point de vue politique, administratif et économique:
conférence faite au Grand cercle de Paris, le 8 décembre
1891. Paris: F. Pichon, 1891.
Diplomate et diplomatie: lettre ouverte à M. Solon
Ménos. Cap-Haïtien: Imprimerie du Progrès,
1899.
M. Roosevelt, président des États-Unis et
la République d'Haïti. New York: Hamilton Bank
Note Engraving and Printing Company / Paris, F. Pichon et
Durand-Auzias, 1905.
Lettres de Saint Thomas. Études sociologiques, historiques
et littéraires. Paris: V. Girard & E. Brière,
1910.
L'effort dans le mal. Port-au-Prince: Imprimerie H. Chauvet,
1911.
|
| |
| |
|
| |
|
|