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Les précurseurs de la musique haïtienne
   

 

On trouve en Haïti à l'heure actuelle deux courants principaux: les rythmes africains introduits par les esclaves sous le nom de musique "racines" mais aussi le "meringue" dominicain mais avec un rythme plus lent.

Grâce à la vitalité du vaudou, inspirateur de la musique "racines" et à l'indépendance politique du pays (elle a permis aux artisants d'évoluer indépendamment des grands courants musicaux mondiaux), la musique haïtienne porte haut les couleurs des Caraïbes et constituait une exception dans le monde francophone caribéen avant que n'émergent les formations Zouk dans les Antilles françaises. A partir des années 1950 et de la popularisation de la variété internationale, la musique haïtienne s'est faite connaître au-delà des frontières. Les labels américains s'intéressaient aux rythmes traditionnels et sacrés, le calypso était à la mode, l'exotisme aussi. Les musiciens haïtiens vont alors s'interresser à autre chose qu'au "meringue" d'inspiration dominicaine dont l'instrument le plus important est le piano et le faire évoluer en "compas".

Cette musique évolue actuellement sous l'impulsion d'une population urbaine d'origine populaire en empruntant aux rythmes dominicains mais aussi cubains (le son) et en ayant su créer une identité propre, créole et autonome. Dans la capitale, un big band s'appellent un "jazz" et juillet 1955 voit la naissance du "compas direct" lors d'une réunion de musiciens de la rue de l'Enterrement. Ce rythme "commercial" du chef d'orchestre Jean-Baptiste Nemours devient le courant dominant. Il utilise le fond rythmique du merengue dominicain et celui du conjunto tipico, alors à la mode, tout en ralentissant pour en faire un style plus agréable à danser. On a ainsi une trame rythmique nouvelle à base de tambour, cloche et batterie avec une forte utilisation des cymbales. Cette marque de fabrique est arrangée par chaque groupe à ses sauce et cette cadence va s'enraciner dans les Antilles françaises et triompher avec le zouk.

A la même époque, Weber Sicot lance le "Kadans rampa", autre variété du "compas direct", Tabou Combo et Tropicana vons assurer la transition avant l'arrivée du "compas nouvelle génération".

On peut regretter que derrière une musique agréable et dansante se cachent des textes d'une pauvreté affligeante; citons seulement T-Vice comme représentatif de ce courant.

Grandissant sous la dictature des Duvalier, le "compas" va se transformer pour devenir une musiqe engagée, violente, vitale. Au départ des Duvalier en 1986, une nouvelle chanson populaire revendique ses droits à la liberté d'expression. Deux courants se distinguent: le premier d'inspiration folk réhabilite et modernise la tradition des troubadours, l'autre ancré dans la culture vaudoue remet à l'avant-scène l'intensité et la magie du monde rural. Comme sa peinture, la musique haïtienne dégage une énorme vitalité dont l'origine pourrait se trouver dans l'énergie que donne le désespoir. Au contraire du zouk antillais, chaque groupe "compas" a son originalité. Dans les années 1980, le "compas machiavel" du System Band.

Le "meringue" Haïtien se différencie de son rival dominicain par une moindre influence espagnole et un caractère plus lascif, plus proche de la samba. La "Kadans" est quant à elle prisée dans toute les Antilles.

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