A
Açon: c'est le symbole
de la prêtise. Il est composé d'une calebasse fermée,
recouverte d'une résille de perles de couleur et de vertèbes
de serpent, et accompagné d'une clochette. Le Hochet
sacré n'est pas pécifiquement haïtien. On
en a retrouvé dans les tombes Grèce archaïque,
aussi bien qu'en Afrique et en Amérique indienne.
Agaou: esprit qui préside l'orage.
Agaoué: esprit des océans.
Aïda: "Aïda Oueddo", esprit
femelle de "Damballah".
Aïzan: esprit qui préside à
l'initiation symbolisé par la dernière feuille
du palmiste. Il représente l'union du mystère
avec le monde végétal.
Anssor: tambour géant (il peut atteindre
deux mètres de hauteur) qui symbolise la voix des ancêtres.
B
Bagui: sanctuaire des esprits ou loa. On dit
aussi "caye mystères" (maison des mystères).
Banda: danse des Guédé à
caractère nettement érotique.
Baptême vaudou: Deux cérémonies
marquent la naissance de l'enfant d'une initiée. Pour
sa première sortie, on le présentera au soleil
et à la nature tout entière. Ainsi sera t-il mis
en harmonie avec les forces qui régissent notre cosmos.
La seconde cérémonie, qui aura lieu quelques mois
plus tard, manifestera son intégration à la communauté.
Le baptême vaudou est, essentiellement, la présentation
du nouveau-né au temple dont il sera désormais
le protégé. Non seulement le parrain et la marraine
se substitueront aux parents en cas de défaillance de
ceux-ci, mais le groupe tout entier s'engagera à contribuer
à sa subsistance et à son éducation. Ainsi,
quoi qu'il faille le libérer de cette culpabilité
par une cérémonie particulière est dénuée
de ses pour un vaudouisant. Le baptême ne comporte donc
aucune forme d'"exorcisme". Il est une fête
et, comme toute fête, il se caractérise par un
paradoxysme de la société qui met en commun ses
richesses et les dilapide dans l'enthousiasme. Alors que l'Haïtien
se contentera habituellement d'une poignée de riz ou
de farine de maïs pour subsister, les aliments les plus
coûteux seront partagés le jour du baptême.
Celui-ci se terminera par la purification du nouveau-né,
qui sera lavé dans l'eau du temple et revêtu de
vêtements blancs, fraîchement lavés, évoquant
la tenue de hounssi kanzo qu'il portera lors de son initiation,
généralement à l'âge de la puberté.
Baron Samedi: c'est le chef des Guédé.
Sa demeure est au centre des cimetières.
Bloroum': Lorsque meurt un initié il
convient, après avoir procédé aux funérailles,
de s'occuper des survivants. Ceux-ci ont été bouleversée
par la disparition du "frère" ou de la "soeur"
qu'ils aimaient et qui "hante" encore le temple. Alors
a lieu le bloroum'. Les vaudouisants pensent que l'homme a deux
âmes: le "petit bon ange" qui voyage pendant
notre sommeil, et le "gros bon ange" qui nous quitte
lorsque nous mourons. Un homme ordinaire ne possède guère
qu'un embryon d'âme qui se dissout vite dans l'univers.
Le hounssi kanzo, par contre, a acquis, par son initiation,
une telle force que son âme ne se libère pas aisément
de ses liens terrestres. Le bloroum' va, d'une part, permettra
à l'âme du disparu de rejoindre l'eau, origine
de toute vie, et, d'autre part, rappeler aux survivants que
rien ne sert de se révolter contre la mort, qu'elle n'est
pas autre chose qu'une transformation de la matière,
qu'il faut maintenant songer à l'avenir et ne pas laisser
le mort empoisonner notre existence et celle de la communauté
toute entière. Pour la cérémonie du blorum',
les hounssi portent des vêtements blancs avec, cousu à
la place du coeur, un rectangle de tissu noir. Le service débute
par un "boulé zin", c'est-à-dire par
l'épreuve du feu à laquelle fut soumis le disparu
au moment de son initiation. On apporte ensuite une bassine
d'eau dans laquelle est plongée une calebasse. Celle-ci
représente l'âme du mort. A l'aide de grandes cuillères
de bois, les membres du temple vont frapper cette calebasse
jusqu'à ce qu'elle soint brisée en menus morceaux.
Alors, le hounfor tout entier "expulsera" le mort
en jetant l'eau contenue dans la bassine et les débris
de la calebasse au carrefour voisin. Le dernier vêtement
du mort est alors étalé au centre du péristyle.
On y met le feu. Une grande flamme s'élève dans
laquelle les hounssi vont jeter les rectangles de tissu noir
qu'elles portaient sur la poitrine. C'est la fin du deuil. Il
arrive parfois qu'à cet instant le mort "monte"
un spectateur. Le possédé, allongé sur
le sol et ayant toutes les apparences d'un cadavre, recevra
les confidences et les adieux de chaque initié lui parlant
à l'oreille. Ce sera un moment de grande émotion
au cours duquel la communauté atteindra son plus haut
point de cohésion. Puis, retrouvant la joie de vivre,
hounssi danseront et chanteront jusqu'au lever du jour avec
un enthousiasme extraordinaire.
Bossale: sauvage. Un loa
bossale est un esprit difficile à identifier parce que
chevauchant une personne non encore initiée.
Boulé zin: épreuve publique du
feu à laquelle sont soumis les néophytes en cours
d'initation.
C
Calfou: loa, maître des carrefours.
Caye mystères: maison des mystères.
C'est le sanctuaire des loa, contenant l'autel vaudou et la
pierre du temple. Un hounfor peut avoir plusieurs "caye
mystères", chacune d'entre elles étant consacrée
à une catégorie d'esprits (ou même à
un seul esprit).
Cérémonie des guédé:
De tous les esprits du vaudou, les guédés sont,
peut-être, les plus étranges. La liste en est si
longue qu'elle occuperait une page entière. Dans le rite
rada, "Guédé Nibo" et "Brave Guédé"
sont, comme tous leurs frères ou cousins, des loa de
la mort, mais ils osnt aussi esprits de la vie puisque de la
putréfaction renaît la vie immortelle. Ils sont
donc à la lois funèbres par leurs vêtements
(on leur ceint la teille et le front de foulards noirs, violets
ou mauves) et d'une érotisme extrême dans leur
comportement. Chevauchée par un guédé,
une initiée mimera l'acte sexuel en exécutant
une danse spéciale: "le Banda", et chantera
des hymnes d'une obscénité inimaginable à
la gloire du phallus. Il s'agit de souligner le caractère
sacrée de la fertilité. Le symbole des guédé
est une croix noire qui marque cette croisée des chemins
à laquelle chacun de nous devra, à son heure,
parvenir. Elle est sortie de la "maison des mystères"
à l'occasion de cérémonies particulières
qui n'ont lieu qu'au mois de novembre. A cette occasion, la
mambo et les hounssi se masquent de voiles funèbres tandis
que les joueurs de tambours nouent un foulard blanc autour de
leur cou, se couvrent le visage de poussière de maïs
symbolisant à la fois la glaise des cimetières
et la promesse de nouvelles récoltes. Lorsque paraît
"Barron Samedi" qui est le chef de tous les guédé,
les fidèles le coiffent d'un chapeau haut de forme et
lui passent, parfois, une jaquette ou un habit noir. Il s'agit,
de rappeler aux puissants qu'ils retourneront, eux aussi, à
la poussière.
Choual: cheval. Toute personne possédée,
"chevauchée" par un loa.
Croisignin: tracer une croix avec, par exemple,
de la farine de maïs.
D
Dahomey zépaul: danse du rite "rada"
Damballah: esprit "rada" symbolisé
par la couleuvre.
Danses sacrées: La danse qui, depuis
les origines, permettait à l'homme d'échapper
aux limites étroites de sa conscience et d'entrer en
communion avec la nature et les rythmes universels. Malgré
les persécutions dont ils furent victimes, les vaudouisants
ont su conserver des traditions religieuses où la danse
tient un rôle essentiel. Il ne s'agit pas d'improvisation
plus ou moins heureuses, mais de véritables danses classiques,
c'est-à-dire représentatives d'une culture arrivée
au point le plus élevé de son développement
artistique. Leurs prières dansées (et chantées)
mettent le corps en condition pour recevoir la charge très
lourde des loa. Elles sont donc à la fois un "don
expressif de tout l'être" et des attitudes corporelles
intéressant les muscles et les centres nerveux qui seront
suractivés par la crise. Chaque rite a ses danses particulières.
Les plus fascinantes sont, peut-être, le "yon-valou"
qui évoque les ondulations du serpent, le "Dahomey
zépaul'" demande une endurance et un souffle exceptionnels
et le "banda" exécuté en l'honneur des
Guédés. Ainsi, les hounssi manifestent leur croyance
dans la vie toujours triomphante.
Dansé lan têt' : on dira q'un
esprit "danse dans la tête" d'une personne possédée.
Dior: la première prière "dior"
est une longue invocation aux esprits de l'Afrique lointaine.
Elle est prononcée en "langage" c'est-à
dire dans une langue où domine le "fongbé"
religieux associé à un créole volontairement
déformé.
E
Erzulie Fredda Dahomey: esprit de l'amour dans
le rite "Rada"
Erzulie Dantor: esprit de l'amour dans le rite"Petro"
Erzulie Zila: esprit de l'amour dans le rite
Zandor. Ces trois Erzulie représentent sans doute les
trois faces d'un même esprit.
G
Gade: c'est le protecteur particulier d'un
temple ou d'un individu, auquel cas celui-ci portera une scarification
sur le bras.
Grand Bois: esprit des forêts
Grande Brigitte: esprit de la mort, épouse
de Baron Samedi
Guédé: esprit de la mort, mais
aussi de la sexualité
Guévo: cellule initiatique
Guinin: Guinée, lorsque les vaudouisants
parlent de "lan guinin" ils comprennent l'Afrique
en général
H
Hogou: esprit de la guerre. La famille des
hogous est très nombreuse. On y trouve "Hogou saint
Jean" "Hougou Badagri", "Hogou démanie"
Hongenikon: chef de choeur d'un temple.
Houngno: de "hun", esprit, et "gno"
nouveau né. Le houngo est le néophyte en cours
d'initiation.
Hounfor: de "hun", esprit, et "for"
maison. Le hounfor est le temple du vaudou. Il est divisé
en deux parties: le péristyle, vaste hangar dont le sol
est de simple terre battue, où se déroulent les
cérémonies et qui est ouvert au public, et la
caye mystères ou bagui qui contient l'autel et les attributs
des loas.
Houssi: "Chevaux des esprits", "épouses
des dieux", les hounssi sont les servantes de temple. Dans
le vaudou haïtien, il y à huit ou dix femmes pour
un seul homme. Au point qu'on à pu dire qu'il s'agissait
d'une réligiion essentiellement féminine, ce qui
n'a pas contribué à renforcer sa popularité
dans des milieux toujours obsédés par la notion
de la "tentatrice" et par l'horreur maladive du corps
féminin. Le choeur des hounssi comprend donc une grande
majorité de femmes ou de jeunes filles, et son encadrement
est entièrement féminin, à l'exception
des joueurs de tambour, dont la résistance physique doit
être exceptionnelle, et du "laplace", chargé
de la discipline du temple, qui est toujours un garçon.
Femmes donc la "confiance caye" qui assiste le prête
ou la prêtresse, le "hongenikon" qui dirige
les chants et les danses, la "servante de l'eau" qui
veille à ce que l'eau (et aussi le feu) soient toujours
présents dans le hounfor, les "Porte-drapeaux"
qui tiennent les étendards sacrés de la "Pitit'
Caye" qui a le pouvoir de tout voir et de tout toucher.
I
Ibo: famille d'esprits originaires de l'ethnie
Ibo (Nigéria actuel)
Ifé: La terre promise des vaudouisant
Initiation: Religion à mystères,
il n'est pas surprenant que le vaudou ait été
l'objet de tant de défigurations successives. Sans parler
de ceux qui en donnèrent une image volontairement mensongère,
il faut convenir que beaucoup d'étrangers, déformèrent
les faits dont ils avaient été les témoins.
Les motifs le plus souvent invoqués pour solliciter l'initiation
sont le besoin d'une nouvelle mère (ou d'un nouveau père
suivant le cas), le désir de retrouver un équilibre
physique ou psychique compromis par la maladie, ou encore ce
qu'il est convenu d'appeler une vocation. Nul ne peut s'engager
dansl a voie initiatique sans le secours d'un maître.
Le néophyte devra donc se mettre en quête d'un
hougan ou d'une mambo qui accepte de le prendre en charge. Celui-ci
lui imposera d'abord sur une longue période probatoire
afin de s'assurer de sa sincérité et de sa résolution.
L'initiation vaudou pourra alors se dérouler suivant
le schéma classique de toute initiation: mort et renaissance.
Après avoir épouvé les sueurs de l'agonie,
le néophyte devra régresser jusqu'à l'état
foetal et ressentir les douleurs d'une nouvelle naissance. Ayant
ainsi franchi la barrière qui sépare le profane
du sacré, il sera, au sens propre, un autre lorsqu'il
sortira de la cellule initiatique comme l'enfant sort du ventre
de sa mère. ce "autre" ne sera pas seulement
un nouveau-né ou un ressucité, il aura eu des
révélations d'ordre métaphysique grâce
à des "visions" qui seront interprétées
par le houngan ou la mambo. Les initiés vaudou prennent
très aux sérieux cette "union", au point
de vouloir la concrétiser parfois par un véritable
"mariage" avec le loa de leur choix. En ce sens, les
hounssi peuvent se dire légitimement "épouses"
(ou "époux") des esprits.
L
Langage: langue secrète des temples
tirée essentiellement du "fongbé" (dialecte
du peuple Fon)
Lambi: gros coquillage dans lequel on souffle
en l'honneur d'Agoué, esprit de la mer
Laplace: chargé de la discipline du
temple. Tient l'épée et dirige les porte-drapeaux.
Legba: esprit dahoméen (rites rada)
qu'on invoque toujours en premier. Il est, en effet, considéré
comme "celui qui ouvre les portes de l'invisible"
Loa: esprits du vaudou. On dit aussi "mystères".
Loco: esprit "rada" symbolisent l'équilibre.
M
Mahi: danse traditionnelle du rituel rada.
Mait'têt: maître de la tête
d'un initié, son protecteur
Mambo:
prêtresse vaudou. A les mêmes pouvoirs et la même
formation que le hougan.
Mangé loa: sacrifice aux esprits
Marassa: esprits
jumeaux qui symbolisent l'enfance du monde
Monter: on dit d'un fidèle possédé
qu'il est "monté" (ou chevauché")
par l'esprit.
N
Nago: catégorie d'esprits
dont l'élément est le fer (alors que l'eau est
l'élément des loa rada et le feu celui des loa
Pétro)
Nanchon: nation vaudou, c'est-à-dire
groupe ou famille d'esprits ayant un même origine ethnique
(on dit la "nation" rada, la "nation" petro,
la "nation" ibo etc...)
Nom Vaillant: après leur initiation
au grade de prêtes, les hougan et mambo reçoivent
une nouvelle appellation, le "Nom Vaillant".
O
Ouanga: talisman, préparation magique
Ouetté mor lan dlo: cérémonie
au cours de laquelle on procède au "retrait des
morts de l'eau" où leur âme est censée
d'être réfugiée. A cette occasion, les morts
s'adressent une dernière fois aux membres de leur famille
avant de se fondre dans l'univers.
P
Paket': par exemple "paket'
congo". Paquets de soie brillante, de forme vaguementhumaine
(il y a des paket' masculins et des paket' féminin) qui
constituent, en quelque sorte, le "double" de l'initié.
Ils servent à maintenir l'équilibre psychique
des houngans en mambo. Egalement utilisés pour le traitement
de certaines maladies.
Pé: du dahoméen "kpé",
de la pierre. C'est l'autel vaudou. On y trouve toujours une
pierre choisie pour son ancienneté ou sa forme particulière
( il s'agit souvent de météorites ou d'anciennes
haches de guerre indiennes).
Péristyle: partie publique du temple,
de forme généralement quadrangulaire. On voit,
presque toujours, au centre du péristyle le "poteau-mitan"
Pétro: catégorie d'esprits dont
l'origine est, vraisemblablement, l'Afrique centrale. Leur élément
est le feu.
Poteau-mitan: poteau planté au centre
du péristyle d'un temple. Il est supposé "aller
de la terre au ciel" et établit ainsi la communication
entre toutes la catégories d'esprits.
Pot'têt: chaque initié a son "pot
de tête" placé dans le "caye mystères"
du temple. Il est supposé contenir sa force psychique,
son "âme".
R
Rada: famille d'esprits dont l'origine est
dahoméenne (royaume d'Arada). Ils sont l'objet d'un rituel
particulier;
Rite: Il y a trois rites principaux dans le
vaudou: le "rada", le "petro" et le "congo"
(associé généralement au rite "Ibo").
Il existe un autre grand rituel: le "zandor", mais
celui-ci est considéré comme secret. Les initiés
qui servent les esprits "zandor" affirment qu'ils
peuvent voler dans les airs et même se métamorphoser
en animaux.
S
Saint-Jean: esprit de la famille
des "hogous", on lui sacrifie un bélier au
solstice d'été.
Shango: esprit du tonnerre et des éclairs.
Simbi: esprit qui demeure dans l'emboûchure
des fleuves, là où se mêlent les "eaux
douces" et les "eaux amères".
Sirène (la): esprit des eaux. L'équivalent de
nos néréides et ondines
T
Tcha-Tcha: sorte de "macara" avec
laquelle on dirige les services du rite "petro" à
la place du "açon". Par extension, on appelle
"houngan tcha-tcha" le demi-prête qui ne peut
se servir du "açon", n'ayant pas subi les initiations
nécessaires.
V
Ventailler: éventer avec une volaille
tenue par les pattes. Ce geste apporte la protection des "loa".
Vévé: Tracés à
même le sol, généralement avec de la farine
maïs les vévé représentent les symboles
des esprits qui vont être plus particulièrement
invoqués.
Y
Yonvalou: danse traditionnelle du rite "rada"
Z
Zacca: généralement nommé
"Cousin Zacca". C'est un esprit paysan
Zandor: rituel secret du vaudou
Zobop: société secrète
appartement aux "sectes rouges"
Zombi: mort
vivant ou corps sans âme. Un "zombi" travaillera
pour son maître comme une machine. Pourraitêtre
comparé au "Golem" de la tradition juive?