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LE VAUDOU VU DE
LA SCENE INTERNATIONALE
LA CHASSE AU BARBARE
“
Gnam-Gnam dans la chair blanche la dent nègre- Gnam-gnam
les ciseaux des bouches.
Dans les cuisses-Gnam, Gnam
Vont et viennent les mâchoires en rythme sourd - Gnam, Gnam
la nuit féroce déglutit bois et jungle Gnam -Gnam
”
Luis Palès Matos
(traduit par Jean-Claude de Bajeux dans Antilia
retrouvée, ed caraïbéenne, Paris 1983 ,p. 37)
L’idéologie raciste en mouvance au XIX siècle
trouve dans le vaudou un élément inépuisable
pour justifier les dogmes suivant laquelle le noir n’est
qu’un animal dépourvu d’âme ” De
plus, la France et les autres états esclavagistes ne digèrent
pas le "soufflet" d'Haiti. Pour eux, les noirs ne sont
pas prêts à se diriger eux-mêmes. Preuve est
faite par ces pratiques empruntées aux barbares que continue
à exercer la majorité du peuple. À partir
de ces réflexions une loupe va être fixée
sur Haiti et le vaudou connaîtra ces tristes heures de gloire.
L'île d'Haiti devient célèbre au travers de
récits fantasques de voyageurs peu scrupuleux. Ils rapportent
des récits fantastiques du “ nègre bouffeur
de nègres ”
Selon Paul DERMOS voyageur français, le vaudou haitien
continu, comme en 1791, à faire des ravages dans les campagnes
haitiennes ; “ ils font encore, avec les corps des malheureux
qu’ils ont pu saisir, de ces épouvantables festins
qui feraient reculer le soleil. ”
De nombreuses légendes, rumeurs entourent le vaudou, aucun
observateur ne fera la démarche de les vérifier,
le vaudou est diabolisé ; une confusion règne entre
vaudou et pratique satanique. Et ces récits ont été
la cause des nombreuses persécutions subit par les adeptes
du vaudou.
En effet, les intellectuels et les dirigeants, souffrant du regard
posé sur eux par la communauté internationale vont
tous faire pour démontrer qu'ils sont capables de diriger
un état et qu'ils font partie tous comme les pays occidentaux
de peuples éclairés.
Durant
l'esclavage, le code noir de 1685 met au point un système
ou un processus de pénalisation du vaudou qui ne sera jamais
interrompu. De nombreux décrets, ordonnance viennent préciser
les modes de persécutions des dites pratiques de sorcellerie,
pour mieux bloquer le mouvement de maronnage. Des crimes de sortilège
et crimes de rébellion se confondent peu à peu.
En 1800, Toussaint LOUVERTURE prend des mesures contre le vaudou
pour prohiber tout rassemblement nocturne dans les bourgs, les
villes et sur les habitations par punitions corporelles et la
prison.
Dessalines
lui tentera d’enrailler le phénomène vaudou
en fusillant certains adeptes. Le gouvernement de Boyer instaure
un code rural en 1826 condamnant la pratique du vaudou devenu
pratique superstitieuse sera réprimandé.
L’article 246 du code pénal promulgué le 11
août 1835 précise : est aussi qualifié attentat
à la vie d’une personne, par empoisonnement, l’emploi
qui sera fait contre elle de substances qui, sans donner la mort,
auront produit un effet léthargique plus ou moins prolongé,
de quelque manière que ces substances aient été
employées et quelles qu’en aient été
les suites. Si par la suite de cet état léthargique,
la personne a été inhumée, l’attentat
sera qualifié d’assassinat.
L’occupation
américaine prend comme prétexte l’éradication
du vaudou. Dans “ HAITI, ils dawn of Progress after years
in a night of revolution ” (1921), l’auteur, un défenseur
de l’occupation américaine souligne l’action
menée légalement contre le vaudou, et le sens de
cette action. Selon lui, "l’élimination du vaudou
repose entièrement sur les épaules des Américains
et cette élimination est impérative car le vaudou
est non pas tant un mal religieux, qu’un facteur d’immoralité
et de non-civilisation. C’est le vaudou aussi qui rend plus
difficile la lutte contre les cacos. Probablement tous les chefs
cacos sont des prêtres du vaudou ” ce roman qui fera
le tour de la planète présente Haiti comme un pays
où l'activité principale de ces habitants consiste
à des pratiques anthropophages.
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