fesnel

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Posté le: 04 Jan 2006, 01:01 Sujet du message: Charlemagne PERALTE, héros national haïtien |
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Héros national haïtien, Charlemagne PERALTE est un personnage clé du début du XXème siècle dans la Caraïbe.
Haïti en 1915
Alors que l’Europe se consume dans les début des la Première Guerre Mondiale, la République d’Haïti se convulse dans les derniers soubresauts de troubles prolongés. Depuis l’indépendance de 1804 se sont succédés à la tête de l’Etat des officiers de l’Armée de l’Indépendance, mettant en place un régime militariste de plus en plus affaibli par la faiblesse de l’économie, drainée par la dette contractée en 1825 pour rembourser la France de la perte de sa plus profitable colonie.
A la fin du XIXème siècle, dans les villes cotières et en particulier à Port-au-Prince, tout une faune d’aventuriers court la fortune par des moyens plus ou moins avouables. De nombreuses pressions sont exercées sur le gouvernement haïtien, exclu du concert des nations par l’idéologie coloniale en vigueur. Un des épisodes les plus significatifs de ce contexte est l’affaire Lüders : en 1897, un citoyen allemand ayant aggressé un officier de police est condamné à une peine de prison. Sous la pression des cannonières du Kaiser Guillaume II, , Lüders est libéré et dédommagé par l’Etat haïtien (il quittera le pays par la suite).
L’invasion Etats-Unienne
Dans le contexte de la Première Guerre Mondiale, et pour sécuriser encore davantage la route du Canal de Panama (tout récemment ouvert en 1914), les Etats-Unis prennent prétexte de la guerre civile à Port-au-Prince pour débarquer fin Juin 1915 en Haïti, prenant d’abord pied au Cap Haitien, la métropole du Nord.
Le pays est alors en proie à des troubles graves : le Président Vilbrun SAM a été lynché par la foule après qu’il ait ordonné l’exécution de jeunes opposants emprisonnés au Pénitencier National. La litanie des coups d’Etat et de la répression risque de plonger le pays dans une anarchie que pourrait mettre à profit les Allemands ( qui ont intervenu dans un conflit interne haïtien en 1902, fournissant des armes à un des camps).
Le Président Vilbrun SAM
Son lynchage, après qu’il ait ordonné
L’exécution d’opposants
fut le signal de l’invasion US
Le 28 Juillet 1915, une compagnie de 162 Marines débarque à Port-au-Prince depuis le navire USS Washington. La conquête d’Haïti se déroule sans guère d’incidents, la force militaire des Américains n’admettant aucune réplique. Aucune réplique jusqu’à leur arrivée à Léogane, une petite ville au Sud-Ouest de Port-au-Prince.
Charlemagne PERALTE, le résistant
Le commandant mlitaire de Léogane est le jeune Charlemagne PERALTE. A 29 ans, il assure des fonctions similaires à celles d’un Préfet d’Arrondissement, le territoire de la République d’Haïti étant organisé sur un modèle militaire.
Refusant de déposer les armes sans combattre, ou en tout cas sans ordre officiel des autorités haïtiennes légitimes dont il est le représentant, Charlemagne PERALTE se met à dos ceux qui, à Port-au-Prince, ont senti le vent tourner. Sa carrière militaire et administrative brisée, il démissionne et retourne dans sa ville natale de Hinche pour s’occuper des terres familiales.
Charlemagne PERALTE
Son portrait le plus connu
Né en 1886, Charlemagne PERALTE est issu d’une famille prestigieuse du Plateau Central Haïtien, une région fertile et prospère qui fut précédemment sous contrôle espagnol. On peut encore voir à Hinche, ville fondée en 1503, une des plus ancienne cathédrale des Amériques.
"PERALTE" est d’ailleurs la version francisée de "PERALTA", le patronyme hispanique d’ancêtres ayant choisi de devenir haïtiens lors de la partition de l’île d’Ayiti en 1844.
Même s’il n’occupe plus de fonctions officielles, le patriotisme de Charlemagne PERALTE se manifeste dès 1917. Il est cette année-là condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir attaqué le domicile d’un officier états-unien, cadre de la force d’occupation. Après un an de captivité (il est vu balayant avec sérénité les rues du Cap Haitien, s’attirant l’admiration du Consul de France, qui le mentionne dans sa correspondance), PERALTE prend le maquis.
PERALTE, le chef des Cacos
A la tête de guerilleros appelés les Cacos (un nom remontant aux mouvements paysans armés du XIXème siècle haïtien), Charlemagne PERALTE entreprend le harcèlement des forces d’occupations états-uniennes. Avec un armement limité à quelques vieux fusils et des machettes, les Cacos posent un tel problème que les effectifs des Marines sont augmentés, et que les Etats-Unis en viennent à utiliser leur aviation pour contrôler le territoire et mater la guerilla.
Apres deux ans de combats, fort du soutien de la population, Charlemagne PERALTE va jusqu’à proclamer un gouvernement provisoire dans le Nord d’Haïti, en 1919.
Cependant, dans la nuit du 31 Octobre 1919, guidé par Jean-Baptiste CONZE, un des proches de Charlemagne PERALTE, le sous-lieutenant HANNEKEN, des US Marines, infiltre le campement des Cacos, près du village de Grand-Rivière du Nord. Grimés, le visage noirci au charbon, les soldats états-uniens passent plusieurs poins de contrôle, avec l’aide de CONZE (dont le nom est depuis devenu synonymede traître en Haïti). Parvenu à 15 mètres de Charlemagne PERALTE, HANNEKEN dégaine son arme de poing et l’abat d’une balle dans le coeur. Une brève escarmouche s’ensuit, les Cacos survivant se dispersant dans la nuit.
La mort de Charlemagne PERALTE apparut pour la force d’occupation comme un rude coup à l’esprit de résistance des Haïtiens. Un cliché du cadavre de Charlemagne PERALTE, attaché à une porte et accompagné du drapeau bicolore haïtien, fut reproduit à des milliers d’exemplaires pour être distribué dans le pays.
Le corps de PERALTE
Attaché sur une porte
Les forces états-uniennes essayèrent d’employer
ce cliché à des fins de
guerre psychologique
Un personnage à la portée symbolique
Trahi par un de ses proches et tué à l’âge de 33 ans, Chalemagne prit pour les haïtiens la dimension d’un martyr, la posture du corps sur le cliché renforçant la dimension christique du personnage.
Un hommage fut rendu à Charlemagne PERALTE dès la fin de l’occupation états-unienne. Ses restes furent exhumés, identifiés par sa mère, puis inhumé dans un caveau du cimetière du Cap Haïtien, qui peut encore être vu aujourd’hui.
Les pièces de monnaie frappées au retour du président Jean-Bertand ARISTIDE en 1995 comportent le portrait du héros national, comme un pied-de-nez à l’influence pesante de Washington dans les affaires interieures d’Haïti.
Pour son action d’éclat, le sous-lieutenant HANNEKEN reçut la Médaille d’Honneur du Congrès (Congressional Medal of Honor), pour avoir tué le "chef des bandits haïtiens" au terme d’une opération téméraire. Pouyrsuivant sa carrière au sein du corps des MArines, HANNEKEN parvint au grade de Général de Brigade, participant notamment à la Guerre du Pacifique à Guadalcanal.
HANNEKEN et CONZE
Milot, 1920.
Sur ses derniers jours, HANNEKEN (mort en 1986) refusa tout interview sur ses exploits
Source : http://www.bwabrile.net |
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