| L'année 1997
voit des élections locales et sénatoriales
qui se déroulent le 6 avril. Moins de 10% de
l'électorat s'est déplacé pour
l'élection de neuf sénateurs, deux députés,
les membres de 564 assemblées locales et 133
conseillers municipaux. La majeure partie des partis
d'opposition ont boycotté le scrutin soutenant
que le Conseil électoral est contrôlé
par Aristide et appellent à l'annulation des
résultats. C'est un triomphe pour le parti
Lafanmi Lavalas de l'ex-président J.-B. Aristide.
En 1998, Ericq Pierre et Hervé Denis, désignés
successivement comme premier ministre par le président
Préval, n'obtiennent pas la ratification du
Parlement. Enfin, en décembre, le président
et les chambres s'accordent enfin sur le nom du premier
ministre: Jacques Edouard Alexis. Il est désigné
après 18 mois de vacance à la Primature.
En janvier 1999, le président
Préval demande l'annulation des dettes de son
pays afin de l'aider à résoudre une
crise économique accablante. Le 11 janvier,
il annonce que le mandat des membres du Parlement,
des maires et des CASEC est expiré et qu'il
gouvernera par décret jusqu'aux prochaines
élections. Des Haïtiens de République
dominicaine sont expulsés le 16 novembre. Le
16 décembre, l'opposition dénonce une
collusion de l'Etat avec le parti d'Aristide. Le 21
mai 2000 voit enfin se dérouler le premier
tour des élections. elles ont lieu dans le
calme et les Haïtiens se rendent en masse aux
urnes. Mais le lendemain, une querelle éclate
sur le décompte des voix et la communauté
internationnale dénonce ce processus. Il semble
que le parti de l'ancien président Aristide
ne se contente pas d'une majorité relative,
mais veuille exercer un pouvoir absolu en Haïti.
Le pays retourne à ses vieux démons:
la volonté d'exercer un pouvoir absolu qui
a trop souvent servi de référence depuis
Toussaint Louverture. L'élection présidentielle
de novembre de la même année a confirmé
ce pronostic: en l'absence de l'opposition, des observateurs
de la communauté internationnale et surtout
de l'écrasante majorité des électeurs
(seulement 5% des Haïtiens se sont rendus aux
urnes), l'ex-président Aristide a été
élu confortablement face à trois inconnus.
L'histoire retiendra que, le 7 février 2001,
après une longue période de transition,
deux présidents ont été installés
en Haïti: l'élu contesté du 26
novembre 2000, Jean-Bertrand Aristide, au Palais Nationnal,
et Gérard Gourgue, proclamé "président
provisoire" par 16 partis d'opposition refroupés
au sein de la convergence démocratique. Le
président Aristide, faisant fi de l'opposition
et des remarques de la communauté internationnale,
conforte son pouvoir et instaure une doctrine sécuritaire
forte (tolérance zéro) qui pourrait
bien être une arme pour éliminer toute
opposition mais qui a, en attendant, le mérite
d'avoir ramené la sécurité dans
le pays.
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