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Le 15 octobre 1994, le président Aristide est de retour à Port-au-Prince, soutenu par la communauté internationale. Le 7 novembre, le gouvernement de Smarck Michel est investi. Le 30 mars 1995, le président Etasunien William Clinton est en visite à Port-au-Prince; il est accompagné du secrétaire général des Nations Unies, Boutros Boutros-Ghali. En avril, Aristide annonce la dissolution de l'armée et, le 25 juin, est organisé le premier tour des élections législatives, municipales et locales. Le deuxième tour des élections législatives voit la victoire des Lavalas. Le 16 octobre, démission du premier ministre Smarck Michel, suspension des négociations avec le FMI et gel des millions de dollars d'aide promis. Le 17 décembre, René Garcia Préval est élu à la fonction de président de la République avec 87,9% des voix, mais seulement 28% de l'électorat s'est déplacé pour voter et la plupart des partis d'opposition ont boycotté le scrutin. Il prête serment le 7 février 1996.

L'année 1997 voit des élections locales et sénatoriales qui se déroulent le 6 avril. Moins de 10% de l'électorat s'est déplacé pour l'élection de neuf sénateurs, deux députés, les membres de 564 assemblées locales et 133 conseillers municipaux. La majeure partie des partis d'opposition ont boycotté le scrutin soutenant que le Conseil électoral est contrôlé par Aristide et appellent à l'annulation des résultats. C'est un triomphe pour le parti Lafanmi Lavalas de l'ex-président J.-B. Aristide. En 1998, Ericq Pierre et Hervé Denis, désignés successivement comme premier ministre par le président Préval, n'obtiennent pas la ratification du Parlement. Enfin, en décembre, le président et les chambres s'accordent enfin sur le nom du premier ministre: Jacques Edouard Alexis. Il est désigné après 18 mois de vacance à la Primature.

En janvier 1999, le président Préval demande l'annulation des dettes de son pays afin de l'aider à résoudre une crise économique accablante. Le 11 janvier, il annonce que le mandat des membres du Parlement, des maires et des CASEC est expiré et qu'il gouvernera par décret jusqu'aux prochaines élections. Des Haïtiens de République dominicaine sont expulsés le 16 novembre. Le 16 décembre, l'opposition dénonce une collusion de l'Etat avec le parti d'Aristide. Le 21 mai 2000 voit enfin se dérouler le premier tour des élections. elles ont lieu dans le calme et les Haïtiens se rendent en masse aux urnes. Mais le lendemain, une querelle éclate sur le décompte des voix et la communauté internationnale dénonce ce processus. Il semble que le parti de l'ancien président Aristide ne se contente pas d'une majorité relative, mais veuille exercer un pouvoir absolu en Haïti. Le pays retourne à ses vieux démons: la volonté d'exercer un pouvoir absolu qui a trop souvent servi de référence depuis Toussaint Louverture. L'élection présidentielle de novembre de la même année a confirmé ce pronostic: en l'absence de l'opposition, des observateurs de la communauté internationnale et surtout de l'écrasante majorité des électeurs (seulement 5% des Haïtiens se sont rendus aux urnes), l'ex-président Aristide a été élu confortablement face à trois inconnus.

L'histoire retiendra que, le 7 février 2001, après une longue période de transition, deux présidents ont été installés en Haïti: l'élu contesté du 26 novembre 2000, Jean-Bertrand Aristide, au Palais Nationnal, et Gérard Gourgue, proclamé "président provisoire" par 16 partis d'opposition refroupés au sein de la convergence démocratique. Le président Aristide, faisant fi de l'opposition et des remarques de la communauté internationnale, conforte son pouvoir et instaure une doctrine sécuritaire forte (tolérance zéro) qui pourrait bien être une arme pour éliminer toute opposition mais qui a, en attendant, le mérite d'avoir ramené la sécurité dans le pays.

 
 
 

 

 
 
 
 
 
 



     
 

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