|
En 1789, la Révolution française
éclate à Paris. Elle est menée par
la bourgeoisie métropolitaine qui veut diminuer l'autorité
du roi et combattre les privilèges de la noblesse
et du haut clergé, mais, comme les négociants
de Saint-Domingue, ils restent en faveur du Pacte colonial,
qui prévoit le maintien des structures coloniales
et de l'esclavage. Par rapport aux esclaves, la période
révolutionnaire se divise en deux temps: 1789-1793,
avant la liberté générale, et 1793-1804,
passage de la liberté à l'indépendance. |
| La Révolution
française maintient des représentants royalistes,
mais, en 1790, ils assistent à la création
du mouvement autonomiste des grands planteurs (Assemblée
de Saint-Marc). En Haïti, les premières luttes
sont les suivantes: Celle des affranchis du Nord qui se
termine par l'exécution d'Ogé et de Chavannes
au Cap (25 février 1791); la cérémonie
du Bois Caïman sous la conduite de Boukman (14 août
1791), suivie de l'insurrection générale des
esclaves du Nord (22 août); la lutte des Pompons rouges
contre les Pompons blancs.
Les Pompons rouges sont descolons autonomistes qui veulent
modifier le Pacte colonial. Les Pompons blancs représentent
la France royaliste et ses alliés. Enfin le soulèvement
des affranchis de l'Ouest, qui se termine par la signature
du Concordat de Damiens. Les blancs, vaincus, et surtout
effrayés par les révoltes d'esclaves, signèrent
avec les affranchis la jouissance de leurs droits politiques.
Après la violation de ce concordat, les affranchis
assiègent Port-au-Prince.
Le 29 août 1793, le commissaire civil français
Sonthonax, comprenant que seuls les esclaves étaient
assez forts pour garder la colonie de Saint-Domingue sous
le giron français, proclame l'abolition de l'esclavage.
Avec Polvérel, il mit en vigueur des règlements
qui prévoyaient que les nouveaux libres resteraient
comme cultivateurs sur les habitations mais qu'on leur octroierait
le quart des récoltes. Les blancs, furieux, livrèrent
certaines villes aux Espagnols, qui les occupèrent
grâce aux chefs de bandes "passés à
l'Espagnol". Ces chefs de bandes, des Noirs insurgés,
étaient dévoués à l'Espagne
pour deux raisons. D'abord parce qu'elle leur octroie largement
armes, argent et grades d'officiers généraux
et ensuite parce qu'ils étaient royalistes et catholiques
dévots.
Jean-François, Biassou et surtout Toussaint Louverture
font donc flotter le drapeau espagnol sur des villes de
Saint-Domingue. Il faut savoir que ces luttes sont menées
sur l'ensemble du territoire de l'île et non pas seulement
dans l'actuelle république d'Haïti.
La colonie semblait perdue pour la France lorsque Toussaint
Louverture mit son génie au service des Français.
Le gouverneur Laveaux, ayant réalisé qu'il
fallait un leader aux esclaves, fit appel à Toussaint
Louverture. Quand la France eut proclamé la liberté
générale des esclaves dans toutes ses colonies,
Toussaint se décida à abandonner l'Espagne
et tous les avantages que ce pays esclavagiste lui accordait.
Toussaint Louverture passa dans l'Ouest pour défendre
les intérêts de sa classe et essayer d'instaurer
dans Saint-Domingue l'égalité dont il rêvait.
Il combattit les espagnols puis les Anglais. Il délogea
de Dondon et de Saint-Michel les troupes de Jean-François
et de Biassou. Il vainquit les Anglais au "Vieux Bac"
dans l'Artibonite et les chassa de Mirebalais, Toussaint
avait des dons extraordinaires d'organisateur. La France
le récompensa pour les services rendus en le nommant
général de brigade.
Entre 1793 et 1798, Haïti vécut une occupation
anglaise et espagnole qui se termina le 31 août 1798
par la remise du môle Saint-Nicolas à Toussaint
par le général Maitland. Les plus grands honneurs
furent rendus au général noir Toussaint Louverture
affirment que le but de sa vie a été invariablement
l'abolition de l'esclavage. S'il passe au service de l'Espagne,
c'est pour combattre la France, qui refuse d'accorder des
libertés aux esclaves. S'il retourne sous le drapeau
français, c'est parce que la France révolutionnaire
a proclamé libres tous les esclaves de ses colonies.
Le 4 février 1794, la Convention (Assemblée
nationale française) abolit l'esclavage. En effet,
le decret du 28 mars 1790 n'avait pas eu de conséquence
pour les affranchis et celui du 15 mai 1791, reconnaissant
la qualité de citoyens actifs, non plus. Et cela,
en raison d'une levée de boucliers des colons sur
place (Royalistes) refusant d'appliquer les lis de la France
révolutionnaire. En 1801, Toussaint Louverture occupe
la partie est de l'île (Santo Domingo) et s'autoproclame
gouverneur à vie au terme d'une nouvelle constitution
(8 juillet). Maître de toute l'île, il fit voter
cette constitution qui était une déclaration
d'autonomie et un premier pas vers l'indépendance.
En 1802, le consul Bonaparte, détenteur du pouvoir
en France, envoya à Saint-Domingue une armée
de 22 000 hommes et une flotte de 86 bateaux pour écraser
Toussaint Louverture, le 1 er février, débarque
au Cap le corps expéditionnaire français.
Battues à la fin avril, les troupes régulières
de Toussaint reconnaissent leur défaite. Le 6 mai
1802, Toussaint se soumet et se retire dans sa propriété
d'Ennery. Le 7 juin, il est arrêté par traîtrise
et conduit en France. Transféré au fort de
Joux dans le Jura, il y décèdera le 7 avril
1803.
En août 1802, la "guerre de l'indépendance"
est déclenché. Les français, décimés
par la fièvre jaune, sont opposés, fin décembre,
à un nouveau chef de l'insurrection des Noirs et
des mulâtes: Dessalines.
L'année 1803 vois les français évacuer
le fort Vertières et Rochambeau remettre à
Dessalines la ville du Cap et le môle Saint-Nicolas.
La colonisation française qui durait depuis 1697
(traité de Ryswick) prit fin le 19 novembre 1803.
|
|
|