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| Curieusement,
l'architecture typique de Port-au-Prince de la fin du XIX
ième siècle s'est trouvé affublée
du nom de Ginverbread par les touristes de la "jet
-set" américaines des années 1950, qui
croyait voir (à tort) une manifestation du style
victorien, au point que le terme initial de "Dentelle
de bois" désignant cette architecture de bois
découpé est aujourd'hui presque disparu.
Le premier Palais National construit par la nouvelle nation
ne laisssa aucun nom d'architecte, mais on pense qu'il fût
Français, car ce bâtiment était constitué
d'une ossature en colombage de bois avec remplissage de
briques enduites, technique très peu usitée
aux Etats-Unis, avec déjà des bois découpés.
Il devait exister de nombreuses maisons de ce style, quand
en 1883 un incendie ravagea le centre de Port-au-Prince.
En 1887 fut érigée une résidence qui
est devenue l'Hôtel Oloffson de Port-au-Prince. (l'hôtel
où évoluent Elisabeth Taylor et Richard Burton
dans le film les comédiens, tirés
du roman de Graham Greene). C'est de cet édifice
que partit le mot Gringerbread par rapprochement
avec un style aux ornementations semblables de la Nouvelle-Angleterre. |
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| Vers 1895,
trois Haïtiens se retrouvèrent en France pour
fiare des études d'architecture. Ils revinrent, imprégnés
de l'architecture balnéaire alors en vogue, telle
qu'on peut encore la voir, principalement sur la côte
normande ou à Arcachon. Elle se caractérisait
par une volumétrie plutôt verticale, incluant
bacons et galeries extérieures, par des éléments
extérieurs de charpente très affirmés
,par l'utilisation d'une ornementation en bois découpé
ou tourné.
Les premiers architectes haïtien ont trouvé
là une source d'inspiration. Ils ont assimilé
cette architecture pour y ajouter leur particularisme et
adapter les espaces à l'environnement tropical. Ainsi,
George Baussan, Léon Mathon et Joseph Eugène
Maximilien sont revenus la tête pleine de tout ce
qu'ils ont vu en Europe, mais chacun a assimilé ces
informations suivant sa sensibilité, pour exprimer
sa personnalité. |
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| George Baussan fut le plus
rigoureux, le plus académique(Palais National, Hôtel
de Ville, Casernes, Bureau du Port) mais il réalisa
aussi de nombreuses résidences. Joseph Eugène
Maximilien revint en 1897 après avoir travaillé
aux Ponts et Chaussées de Paris. Il fut surtout influencé
par l'architecture bourgeoise du Second Empire (maison Cordasco,
le Manoir). Quand à Léon Mathon, il fut le
plus débordant d'imagination, le plus baroque et
le plus prolifique. Il fut principalement influencé
par le style balnéaire français, interprété
avec beaucoup de verve. On peut encore voir, dans les quartiers
de Pacot ou de Bois Verra, de nombreux spécimens
intéressants de cette architecture.
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L'Américaine Anghela
Arrington Philipps en fit de superbes dessins dans son ouvrage.
"Gingerbread Houses: Haïti's Endangered Species",
qui eut le mérite de sensibiliser les Haïtiens
à la valeur exemplaire de ce patrimoine architectural
à protéger.
L'architecture des villes:
Hormis les fortiifications côtières, il ne
reste plus d'authentiques bâtiments coloniaux urbains,
Cap-Haïtiens ayant été reconstruit sur
ses fondations, après le séisme de 1842. Les
plus beaux spécimens témoignant d'une architecture
spécifiquement haïtienne ont été
érigés avant l'avènement du béton
armé, c'est-à-dire entre 1880 et 1940. Des
architectes, partis étudier à Paris ont rapporté
l'art d'utiliser la brique de terre cuite et le bois, tourné
ou découpé. La galerie apparaît au XIX
ième siècle.
En Haïi, toutes les villes qui offrent une architecture
remarquable sont portuaires. Chacune a des caractéristiques
propres, fruit de son isolement ou des relations commerciales
qu'elle entretint avec certains ports étrangers.
Des matériaux durables:
Le mortier de sable et la chaux sont traditionnellement
réservés aux tombes, demeures définitives
des ancêtres, tandis qu'à côté,
les maisons, plus précaires, n'ulisent la chaux,
blanche ou colorée, que comme enduit ou comme revêtement
de l"aire" de séchage. Actuellement, la
ville est le domaine du ciment et du béton. Même
les petites maisons des bidonvilles sont à 80% en
dur. L'appareillage en métal concerne une architecture
principalement commerciale de la fin du XIXième siècle,
et qui visait à lutter contre les incendies. Maisons,
églises, entrepôts ou marchés étaient
alors expédiés en pièces détachées,
souvent des fonderies de Belgique ou de France, et montés
sur place
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| L'architecture
métallique des marchés
La bonne santé économique de la fin
du XIX ième siècle permit l'importation
de nombreuses constructions métalliques : ponts,
halles de douane, phares, kiiosques, chapelles et
même maisons préfabriquées, comme
l'habitation Galiffet dans la plaine du Cap. Si les
ponts ont presque tous disparu, subsistent l'intéressante
chapelle Saint-Louis-de-Gonzague à Port-au-Prince,
la chapelle de l'archevêché, le phare
du fort Picolet à Cap Haïtien et les maisons
à colonnes et balcons de fonte de Jacmel. |
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Le marché
de Jacmel
Venu de Belgique, le marché de Jacmel est à
l'échelle de la cité. Des allées
couvertes de tuile entourent des courettes. On atteignait
l'étage par des escaliers de fonte ajourée,
en colimaçon.
Le marché Vallière de Port-au-Prince
Le président Forvil Hyppolite fit venir de
France ce marché qui dit-on, n'était
pas destiné à Port-au-Prince. Il fut
implanté sur deux îlots, de part et d'autre
de la rue Traversière, depuis lors absorbée
par le centre commercial.
Les haïtiens disent volontiers de leur pays "Haïti,
terre glissée", pour indiquer qu'on y
trouve rien de solide, de pérenne. Cela se
vérifie en architecture, la colonisation ayant
laissé très peu de traces monumentales
hors d'appareil de production. Mouvements terruriques,
cyclones et incendies ont ensuite rendu nécessaires
l'invention permanente et la gestion incessante de
l'éphémère. Parallèlement,
on ne saurait oublier les efforts d'"enracinement"
que constituent les nombreuses fortifications, telle
la citadelle Henry, ou la reconstruction en dur de
Cap-Haïtien après le tremblement de terre
de 1842. |
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Des matériaux précaires:
A la campagne, le chaume de vétiver et l'enveloppe
des feuilles de palmiste font place peu à peu, sur
les toiles des maisons, aux plaques de tôle dont les
tons, d'argent ou de rouille, soulignent la richesse du
propriétaire. En ville aussi règne la tôle,
même si la charpente à forte pente correspond
toujours à celle des couvertures de tuile et d'ardoise,
jadis importées de France. Matériaux souple,
résistant aux cyclones, à la fois isotherme
et léger, le bois se prête à toutes
les ornementations, surtout dans l'architecture de dentelle
de bois. Longtemps interdit dans les villes à cause
des incendies, il n'est plus guère utilisé,
vu son prix et la rareté des ressources forestière
de l'île. |
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Volets des boutiques, planches de bardage, balcons, balustrades,
tout est prétexte à un déploiement
fascinant de couleur et de tons, "un peuple de peintres",
disait Malraux. Ces artistes du quotidien jonglent en maîtres
avec les couleurs. Contrastes ou camaïeux, couleurs
vives ou pastel, aucune façade ne laisse indifférent.
En 1986, à la chute de Jean-Claude Duvalier, on a
vu peindre en quelques jours les pierres et les maisons,
les poteaux électriques, les troncs des palmiers,
jusqu'aux bordures des trottoirs. Le bleu et le rouge, couleurs
traditionnelles du drapeau haïtien, ainsi que les tons
les plus lumineux signifiaient alors l'immense espoir de
tout un peuple.
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"52
ave. Lamartinière"-Port-au-Prince
Cette maison en briques à deux étages et au
toit en pignon très étroit fut construite
en 1911 pour Alphonse Qualo. Elle est actuellement la propriété
de la famille Appollon et abrite le salon d'exposition pour
"Les Ateliers Taggart" et "Gingerbread",
deux magasins réputés pour la qualité
de leur artisanat. |
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| "72
Rue Christophe"-Port-au-Prince
Le Dr. Moïse Léon fit construire cette maison
vers 1920. A l'époque où il était directeur
de l'hôpital Général.
Elle fut la propriété de la famille Léon
jusqu'à sa destruction vers 1976.
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"48 Ave. Lamartinière3
- Port-au-Prince
En plein coeur du "Bois Verna" qui fourmille des
chefs-d'oeuvre de l'architecture "Gingerbread"
haïtienne se dresse l'une des maisons favorites de
l'artiste. La caractéristique particulière
de cette demeure est une petite pièce unique au-dessus
du porche et qui sert d'étage. Réalisation
originale de l'ingénieur Louis Ethéart
en 1916 pour le Dr. Sosthène E. Daniel. Elle est
actuellement occupée par le Dr. S. R. Daniel D.D.S. |
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"27
Rue Marcelin - Port-au-Prince"
Paisible villa dressée au milieu d'une dense végétation
tropicale en 1920. Elle est actuellement la propriété
de Mme Claire Pauyo. |
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"4 Ruelle Berne" Port-au-Prince
Cette villa vert pâle construite en 1878 pour M. Louis
Robert Stecher est l'une des premières maisons de style
"Gingerbread". Elle appartient actuellement à
Mme Gérard Appollon. |
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"9 Rue Quatre"
Port-au-Prince
Au milieu de palmiers et fougères se dresse cette
bâtisse en bois conçue en 1922 pour M. Franck
J. Martin. Elle est occupée par son propriétaire
actuel M. Jacques Andienne. |
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| "46 Ave. Lamartinière"-Port-au-Prince
Tancrède Auguste, qui plus tard
devint président d'Haïti se fit construire en
1914 cette agréable demeure par l'éminent
architecte Léon Mathon. Elle appartient maintenant
au Dr. Georges Nicolas.
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"47 Rue 22 septembre
1957" Port-au-Prince
Ravissante demeure avec toit en pagode construite en 1913
par l'ingénieur Louis Roy. La maison
abrite actuellement un jardin d'enfants du nom de "Lollipop" |
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| „The Grand Hotel
Oloffson“ 59 Ave. Christophe – Port-au-Prince
L’architecture français Brunet réalisa
en 1887 pour le compte de M. Demoshese Sam, fils du Président
Tirésias Simon Sam. Cette œuvre magistrale de
l’architecture ‘Gingerbread » Haïtienne.
En 1936, après avoir servi d’hôpital
aux forces d’occupation américaine, on en fit
un hôtel. Le grand Hôtel Oloffson, éminent
établissement hôtelier, unique en son genre
dans les Caraïbes est réputé pour sa
cuisine et son ambiance. Depuis la mort de son mari en 1982,
Suzanne Seitz dirige l’hôtel dans toute la tradition
de l’Oloffson.
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Source : Haiti's endangered species by anghelen arrington phillips
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