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La canne à sucre

 

Origine de la canne à sucre:
La canne à sucre, dont la variété la plus connue est Saccharum officinarum, ressemble à un roseau. A maturité, au début de la saison sèche, la plante peut atteindre plusieurs mètres de baut et s'orne d'un toupet argenté. Spectacle féerique que ces immenses prairies vertes ondoyant de milliers de plumets.

Epopée de la canne à sucre:
Ce long bambou, originaire d'Asie, s'est répandu à partir du XVIième siècle dans toutes les zones tropicales à forte pluviométrie, des Canaries à la vallée du Nil, de l'Afrique aux Amériques. Mise en culture à Saint-Domingue (dès 1506), la canne à sucre fut importée aux Antilles par les Caraïbes. Sa véritable exploitation sur les îles françaises ne débuta que plus d'un siècle après. Le succès fut rapide. Et, pendant deux siècles, la canne fut le pilier de l'économie coloniale. Au milieu du XIX ième siècle: l'abolition de l'esclavage et "l'invention" du sucre de betterave mirent à la mal la vitalité des plantations.
Le déclin relatif de l'économie sucrière n'entraîna cependant pas l'abondon définitif des cultures. Aujourd'hui encore, de nombreuses et vaste habitations entretiennent des centaines d'hectares de champs: sur les vastes plaintes , sur les collines échevelées, éparpillés un peu partout...

 
La culture la canne:
La culture de la canne est assez simple. On plante des boutures le long de sillons réguliers au début de la saison des pluies (entre mai et juillet). Auparavant, on a pris soin de bien ameublir la terre. D'une récolte à l'autre, on peut cependant garder les souches anciennes qui, après un nettoyage en règle, repartiront. L'entretien des parcelles passe par de multiples opérations spécifiques ayant leur propre vocabulaire: le boubage consite à fabriquer des petits monticules autour de chaque pied pour faciliter l'évacuation des eaux, le cabannage permet de drainer l'eau en fonction du dénivelé, le recourage vise à remplacer les plants manquants, le coutelage correspond au débroussaillage...De même, les chemins qui mènent aux champs s'appellent ici des traces, et les champs des pièces. L'âme créole étant poète et son verbe volubile, chaque pièce a un petit nom: Dormante, Cour d'Assise, Casse-Cou, Prudent, Mortimer qui racontent à mots couverts de vieilles histoires oubliées.
 
Culture de la canne:
Lorsque la canne fleurit, en janvier, c'est le signal de la coupe. Le commandeur de la coupe décide seul de la date exacte du début de ces moissons tropicales. Avant, on commençait par brûler les plantations pour dépouiller la canne de ses feuilles et chasser les éventuels serpents. Aujourd'hui, seule la canne destinée à la production du sucre est incendiée. Allumé à la tombée de la nuit ou au petit jour, le feu embrase les collines, une odeur de caramel s'évapore en nuages de fumée. Pour ce "feu d'envoi" grandiose, les habitants des campagnes se déplacent. Dans les régions les plus escarpées, la coupe se fait toujours à la main. Le coupeur, armé d'un coutelas, scie la canne à sa base, l'étête et enlève les feuilles. A son côté, un amarreur (ou plus souvent une amarreuse) rassemble les tiges en bottes de dix, puis en tas. Les fagots sont ensuite portés au chariot, le cabrouet, qui déposera la récolte au moulin. Dans la majeure partie des terres, la coupe est désormais semi-mécanisée.
 
La fabrication du sucre:
La canne contient 70% d'eau, 15% de saccharose qui s'accumule à la base et 15% de matières ligneuses. Lorsqu'elle est destinée à la fabrication du sucre, elle est déposée à l'usine où elle sera hachée, umidifiée dans les rouages d'un moulin. Les mécanismes actionnées à la vapeur sont souvent plus que centenaires et confèrent aux installations un cachet vieillot. Après cette première étape, on obtient deux produits: la bagasse, ramassis ligneux de tiges qui servira de combustible, et le vesou, liquide sirupeux que l'on transformera en sucre ou en rhum. Pour faire le sucre, on épure le vesou en le diluant dans du lait de chaux. Après décantage, les impuretés sont entraînées vers le fond. Le sirop passe alors dans des caisses d'évaporation avant d'être turbiné et cristallisé. Le résidu est appelé mélasse au sirop d'usine.

Pour en savoir plus:
Le rhum barbancourt en haïti   Recette rhum   Les habitations sucrières de Saint-Domingue

 

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