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Bâtie
au fond d’un vaste golfe sur la mer des Antilles,
cernée au nord par des montagnes boisées,
JACMEL a été fondée en 1698 par la
Compagnie de Saint-Domingue. Son nom viendrait d’un
flibustier, Jacques MELO, thèse
que semble accréditer son ancienne orthographe française,
JACQUEMEL. Aujourd’hui un peu assouplie, elle possède
des atouts touristiques considérables. Outre son
architecture et son environnement de plages et de montagnes,
JACMEL offre un artisanat original et abondant.
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Histoire
:
Après
1804, la ville participe à la lutte d’émancipation
de l’Amérique latine. Le 12 mars 1806, le
précurseur de l’indépendance vénézuélienne,
Francisco de Miranda,
crée dans cette baie le drapeau de son pays en
surmontant du jaune de l’Espagne les bandes horizontales
bleue et rouge du drapeau haïtiens. En 1816, JACMEL
accueille le libertador vénézuélie,
Simon Bolivar, qui en repartira chargé d’armes
et de munitions et accompagné de nombreux volontaires
haïtiens.
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La
ville littéraire et artistique :
D’Alcibiade
Pommayrac à Félix
Morisseau-Leroy, pionnier de la littérature
créole, l’essor économique de
Jacmel s’est accompagné d’une
pléiade de poètes et d’intellectuels.
Deux grandes figures, qui ont puisé leur
inspiration dans la ville de leur enfance, se sont
distinguées au niveau international. René
Depestre (né en 1926), auteur d’une
féconde œuvre poétique et de
romans « baroques », reçut, pour
hadriana dans tous mes rêves,
le prix Renaudot en 1988. de même, Jean
Métellus (né en 1937) a publié
de nombreux romans en France. En outre, JACMEL a
aussi donné naissance à des maîtres
de la peinture haïtienne : Célestin
Faustin, Luce Turnier,
et Préfète Duffaut…
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Un
port de commerce :
Le marché central en fer date de la même
époque que ceux de Port-au-Prince et
de Cap-Haïtien. Il fut commandé
en 1895 aux aciéries de Bruges par le
maire poète Alcibiade Pommayrac. Ce vaste
bâtiment témoigne de la prospérité
née de l’activité portuaire
que la ville connut jusqu’à son
déclin, dans les années 1930.
en effet, d’ici partaient, sur des lignes
de navigation allemande, anglaise, française
et hollandaise le fameux café, les écorces
d’orange amère séchées
pour le curaçao et le triple-sec, ou
le coton indigène, qui concurrençait
le coton égyptien des filatures anglaises.
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| Jacmel
apparaît sur son contrefort, sorte de
terrasse, où l’on trouve la ville
active, avec ses banques, ses commerces, ses
services administratifs (place Toussaint Louverture)
et sa place du Marché. Pour profiter
d’un peu de calme, on se dirigera tout
doucement vers la mer.
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| La
richesse du café :
L’essor
extraordinaire de JACMEL (1848-1930) viendra
du café, un des meilleurs arabicas du
pays, cultivé à l’ombrage
des grands sucrins dans les communes de montagnes
des environs.
Un port de commerce : Le marché
central en fer date de la même époque
que ceux de Port-au-Prince et de Cap –
Haïtien. |
L’étang
Bossier :
Trois cents mètres avant d’arriver
à la plage de Carrefour-Raymond commence,
sur la gauche, le chemin qui conduit à
l’étang Bossier. Praticable en
4*4, bordé d’herbe de vétiver
et d’un grand tamarinier, le chemin
emprunte ensuite la ligne de crête qui
domine où alternent cultures d’arachides,
bananiers, patates douces, et bananiers, en
plus des fruits (manguiers et agrumes) sur
le fond bleu vif de la mer des Antilles. Après
45 min de marche, on atteint l’étang,
bordé de joncs et de manguiers, semblable
à une gravure bucolique du XVIII ième
siècle, avec des canards sauvages et
des plongeons. Juste avant l’étang,
le chemin passe devant un ancien moulin à
canne à sucre en bois, à traction
animale, et une chaudière dans laquelle
le jus de canne est encore bouilli pour en
tirer un sirop servant à sucrer le
café, à faire des « tablettes
» (sucreries populaires agrémentées
d’arachides, de morceaux de chair de
noix de coco ou de graines de « roroli
», une petite graminiée locale)
ou à confectionner le « rapadou
» (le sucre en forme de cylindre enfermé
dans sa graine de « tâche »
de palmiste, enveloppe végétale
qui contient les feuilles de l’arbre)
;
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| Guide
touristique de la ville de Jacmel (Haïti) |
Moulin
Price :
A la sortie de Jamel, sur la route de Marigot,
juste après la piste d’atterissage
de Saint_Cyr, sur la gauche de la route, un
chemin carrossable pour 4*4 mène en 5
min au Moulin Price, la plus ancienne chaudière
du pays. Elle est l’une des premières
construites à Liverpool (1818) par une
société anglaise pour l’extraction
du jus de canne. Restée à l’abandon
mais intacte, elle dresse toujours ses pittoresques
colonnes de fonte en pleine nature.
La
Vallée-de-Jacmel :
Pour
se rendre à La Vallée, il faut,
à partir de Jacmel, reprendre la RN
4 en direction de Port-au-Prince, et bifurquer
peu après sur la gauche. La route serpente
en grimpant et il faut une bonne heure de
voiture pour atteindre ce bourg de montagne
aux coquettes maisons, perché à
800 m d’altitude, centre de culture
de caféier. Ancien lieu de Villégiature
des colons français, La Vallée
bénéficie d’un des plus
forts taux d’alphabétisation
de la région grâce aux écoles
religieuses des frères de l’instruction
chrétienne, établis ici depuis
1927, et des religieuses. Tous les 24 juin,
La Vallée célèbre sa
fête patronale, la Saint_Jean_Baptiste,
notamment par des expositions de ravissantes
broderies locales.
Vers
Côtes de Fer
De Bainet, on peut décider de revenir
à Jacmel par le Bourg de la Montagne,
ou de continuer à longer la côte
dans un paysage semi-aride, pour arriver,
après les jolies plages de TI-ANSE
et ANSE-A-BOURSE, à côtés-de-Fer
(3 h de route). Vers AQUIN : il faut 3 h pour
rejoindre le carrefour 44, point de jonction
avec la RN2 qui continue vers Aquin. La RD
206 côtoie de petits troupeaux de moutons
et de koden (dindes et dindons), et longe
de vastes plages, dont celle magnifique de
LOSANDIEU, avec son village de pêcheurs
aux maisons de paille.
Vers
Fonds-des-Blancs :
On peut aussi emprunter un autre
itinéraire pour rejoindre la RN 2,
en bifurquant, après Côtes-de-Fer,
sur la droite, au carrefour de Mouillage-Fouquet.
On passe à Fond-des-Blancs, bourg de
cultures vivrières et d’élevage.
Le village présente la particularité
d’être partiellement peuplé
des descendants de la légion polonaise
de Napoléon Bonaparte.
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Personnalités
issues de Jacmel :
Jeanne
Lemaire : Plus connue sous le nom de Jeanne
Duval, cette Jacmélienne issue de l’élite
de la ville est célèbre pour avoir
été la compagne et l’inspiratrice
de Charles Baudelaire pendant quatorze ans alors
qu’elle était partie parfaire son
éducation en Europe. |
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Bainet :
A 15 min en voiture de La Vallée, on
peut visiter Bassin-Bambou, puis, 10 min après,
un canyon planté d’arbres centenaires
d’où jaillit d’une grotte,
dans deux bassins étagés (Dragon
et Ténèbre) la route redescend
ensuite vers Bainet, la « baie nette »,
lovée au fond d’un vaste golfe
de 3 km de profondeur sans récif et où
subsistent encore quelques maisons patriciennes,
témoins de la prospérité
caféière.
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Le carnaval :
A
Jacmel se tient l’un des derniers carnavals
traditionnels d’Haïti. On y vient de tout
le pays et de l’étranger pour assister
aux défilés, qui commencent bien avant
les trois jours gras. Dès le début du
mois de janvier. Les personnages les plus spectaculaires,
les Zailes Mathurin, sont des diables aux couleurs
vives et aux ailes métalliques qui claquent,
actionnées par d’ingénieux mécanismes.
En raison de son importance, il est consacré
« carnaval national » comme celui de Port-au-Prince
et bénéficie à ce titre des subsides
de l’Etat) a lieu une semaine avant celui de
Port-au-Prince, ce dernier se déroulant les
trois jours précédant le Mardi gras.
Le samedi soir, des « bandes à pied »
circulent les rues et des groupes se produisent dans
les discothèques où des soirées
déguisées sont organisées. Le
carnaval proprement dit commence le dimanche à
13 h pour s’achever à 18 h. Il est recommandé
de s’installer sur les podiums si l’on
est invité ou à Pain K-det dès
13 h si l’on veut être aux premières
loges. On peut y prendre un verre (le service est
très lent) ou manger des humbugers. L’endroit
est bondé, aussi peut-être lui préférez-vous
la terrasse du « Vieux four », qui permet
de dominer. Le défilé voit se succéder
de nombreux déguisements : enfants-chats, morts-vivants,
Amérindiens, « chaloskas », hindous,
jambes de bois, Marie-Roses aux fesses rebondies,
bœufs, lamayot, Arabes et groupes carnavalesques
à pied avec le plus souvent, des déguisements
(masques surtout) très originaux. Le tout sur
un fond musical apporté par les groupes «
racines » juchés sur les chars. Les masques
des différentes espèces d’animaux
(girafe, tigre, etc) sont étonnants de beauté
et font penser aux peintures des naïfs haïtiens
spécialisés dans le genre animalier.
En soirée, de grands bals populaires sont organisés
dans les quartiers. L’ambiance est bon enfant
et le carnaval très coloré. |
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